L’avant-première du documentaire « La Bataille d’Alger, un film dans l’Histoire », du réalisateur Malek Bensmaïl, consacré au célèbre film culte algéro-italien de Gillo Pontecorvo, s’est déroulé avant-hier soir à la salle El-Mougar dans une ambiance marquée par l’émotion.

La salle El Mougar a accueilli, samedi passé, un nombreux public venu découvrir le documentaire de 120 minutes de Malek Bensmaïl, où il revient sur les conditions de tournage du film historique du célèbre réalisateur italien Gillo Pontecorvo. Apportant un nouveau regard sur le mythique film qui a marqué plusieurs générations, Malek Bensmaïl s’est appuyé sur des témoignages et des archives photos, certaines inédites, des acteurs de l’époque pour exposer les situations éprouvantes dans lesquelles a été tourné le film et sa contribution à l’histoire de l’Algérie. Le réalisateur, Malek Bensmail, présent lors de la projection, affirme que «c’est avec grande émotion que je viens aujourd’hui vous présenter ce film à Alger. Je voudrais dédier ce film à tous les moudjahidine, mais aussi à deux grands cinéastes qui sont décédés récemment, Farouk Beloufa et Youcef Bouchouchi». Ajoutant :
«Farouk Beloufa et Youcef Bouchouchi sont des personnes exceptionnelles qui ont fait de grandes choses pour le cinéma algérien.» Malek Bensmaïl confie qu’il a été, très jeune, bercé par l’histoire de la Bataille d’Alger. «L’histoire d’Ali la Pointe, l’engagement des femmes de La Casbah. C’était important pour moi de revenir sur ce film culte, de décortiquer ce qu’il raconte. Comment il a été produit ? Dans quelles conditions il a été tourné ?», affirme-t-il. Pour le réalisateur, «comment le film a embrassé l’histoire et comment l’histoire l’a nourri, c’était important pour aller au-delà du making off d’un film et de comprendre pourquoi il est devenu un film culte en Algérie, mais aussi dans le monde entier». Toutes ces réponses, le réalisateur ira les chercher chez toutes les personnes qui ont contribué de près ou de loin à ce que ce défi cinématographique puisse voir le jour. Un défi devenu un film mythique, aujourd’hui, aussi bien pour les Algériens que pour les mouvements révolutionnaires dans le monde entier, jusqu’à nos jours, et au sein même du Pentagone américain. Le film documentaire a été tourné à La Casbah et dans la prison Serkadji «Barberousse», avec des acteurs mêmes de la Bataille d’Alger qui racontent leur arrestation et les tortures qu’ils ont subies. A l’instar de «La Bataille d’Alger », qui avait remporté, en 1966, le «Lion d’Or» au Festival international du cinéma de Venise, le documentaire de Malek Bensmaïl a, lui aussi, récolté plusieurs prix internationaux dont le Grand prix du Festival international du cinéma et de l’histoire de Taroudant, au Maroc, et de la Bourse «Brouillon d’un rêve» de la Scam. «La Bataille d’Alger, un film dans l’Histoire», après sa projection à Alger, continue son parcours à l’international en étant sélectionné à «Addis International Film Festival», qui se déroulera du 1er au 6 mai prochain en Ethiopie, et sera prochainement programmé dans les villes de Cape Town et de Johannesburg en Afrique du sud.