Par Lyes Sakhi
Sonatrach est en négociation avec son partenaire espagnol pour réviser les prix du gaz qu’elle lui fournit. Pour un analyste du marché de l’énergie comme Tewfik Hasni, cette tractation entre fournisseur et client est une procédure contractuelle normale.
Les deux parties étant d’accord sur le fait que les prix qui sont pratiqués actuellement sont très bas par rapport à la réalité du marché, il s’agit, explique l’expert, d’une opération de réajustement de la convention ou de la relation commerciale qui les lie.
L’avis de M. Hasni, qui est celui d’un observateur qui a toujours dit que les prix du gaz algérien sont trop bas pour ne pas être augmentés, n’est pas à rejeter. Il n’est cependant pas assez persuasif pour convaincre qu’il n’y a pas l’empreinte du politique et de la géopolitique sur les pourparlers annoncés entre la compagnie nationale des hydrocarbures et son vis-à-vis espagnol, Naturgy, sur les nouveaux cours à adopter.
Les prix qui étaient pratiqués jusqu’ici par Sonatrach envers son client espagnol étaient opérés selon un modèle de contrat qui a expiré en 2021… En outre, s’il y a bien des produits qui dépendent énormément des conjonctures politiques et des relations internationales, ce sont bien ceux de l’énergie. Au sujet de leur relation complexe et parfois inflammable, l’histoire regorge d’exemples anciens et récents où le pétrole et le gaz sont utilisés soient comme des atouts ou comme des armes d’attaque ou de défense.
Ceci dit et ceci bien entendu, il convient de regarder devant et de penser le présent comme on considère l’avenir. Si le gouvernement espagnol dit espérer que les augmentations des prix voulues par l’Algérie ne seront pas importantes, la réponse algérienne devrait être celle des bons comptes avant tout. Le contexte créé par la guerre en Ukraine et ses effets sur les économies mondiales a montré que la règle générale est celle de la défense des intérêts propres à chaque pays et à chaque Etat.
Cette règle doit être appliquée également pour les amis d’aujourd’hui dont les intérêts peuvent varier demain tant la variabilité du contexte géopolitique et énergétique est admise. Dans ce cas, un bon contrat vaut mieux qu’une bonne relation amicale. Mieux, un bon contrat permet de garder les bons amis.