Les auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation (Amar) ont mis, hier, à exécution leur menace de grève pour revendiquer notamment la révision de leur statut en observant un arrêt de travail accompagné par des rassemblements.
La contestation, qui intervient dans le contexte d’urgence sanitaire, a été marquée par plusieurs sit-in tenus par cette catégorie du corps médical devant les établissements de la santé aux quatre coins du pays. Selon Mohamed Lamine Bendali, secrétaire général du Syndicat national autonome des auxiliaires médicaux en anesthésie et réanimation de santé publique (Snaamarsp), le taux de participation au mouvement de grève est estimé à 80 %. Les hôpitaux sont restés paralysés, hormis les cas d’urgence qui ont été pris en charge, car il a été décidé de garantir le service minimum. Le même syndicaliste a souligné que «les auxiliaires de santé menacent de décréter une grève illimitée si le ministre de la Santé ne répond pas favorablement» à la plateforme de leurs revendications.
«Depuis 2011, nous défendons la même plateforme de revendications, mais sans réaliser d’avancées dans ce dossier qui ne sort pas du cadre de promesses», regrette M. Bendali. Ce dernier indique avoir eu une entrevue dimanche dernier avec la commission de négociation du ministère de la Santé qui «n’a fait que nous promettre de répondre positivement aux griefs exprimés», reprochant à la tutelle de «se dérober à ses responsabilités en essayant de les balloter vers la Fonction publique ou le ministère du Travail». Il indique, à ce propos, que la tutelle leur a signifié que l’élaboration de la nomenclature des actes «est du ressort du ministère du Travail et non du ministère de la Santé», regrette M. Bendali
Pour rappel, les anesthésistes réclament une couverture juridique, ainsi que la promulgation d’un statut particulier 11-235. «Nos structures de santé souffrent d’un manque énorme de médecins anesthésistes et ce sont nous, auxiliaires, qui nous trouvons contraints dans les blocs opératoires d’accomplir la tâche d’un médecin, mais sans couverture juridique», rappelle notre interlocuteur. Il explique que l’article 175 de la loi sanitaire de 2018 interdit aux auxiliaires médicaux en anesthésie-réanimation d’établir une prescription médicale, alors que l’article 20 du statut particulier 11-235 les autorise à le faire.
Dans ce contexte, le même syndicat exige d’établir une nomenclature des actes pour définir «clairement» les tâches et rôles que cette corporation doit accomplir, réclamant également l’installation d’un Conseil de l’ordre des anesthésistes pour contribuer à la promotion de la santé publique.