Le président autrichien Alexander Van der Bellen a exhorté hier les citoyens de l’Union européenne à garder confiance dans le projet européen et à «ne pas laisser le terrain aux europhobes» et aux «vieux nationalismes».

Alexander Van der Bellen, écologiste libéral qui a pris ses fonctions de président fin janvier après avoir battu un candidat d’extrême droite, tenait devant le Parlement européen son premier discours hors des frontières autrichiennes. «Je suis convaincu, comme l’immense majorité de cet hémicycle, que l’atteinte à la dignité humaine et le rejet de l’autre et de l’étranger ainsi que la limitation des libertés fondamentales par de nouveaux murs et de vieux nationalismes ne résoudra aucun problème mais bien au contraire en créera de nouveaux», a-t-il lancé à Strasbourg. «Nous pouvons militer pour l’Europe et ainsi convaincre les gens plutôt que de laisser le terrain aux europhobes. Les très jeunes électeurs veulent voir leur avenir dans l’UE», a plaidé le président de 73 ans, s’appuyant sur l’exemple de sa propre élection. «J’ai confiance dans une Europe commune dans laquelle les valeurs fondamentales, les droits de l’homme, la liberté, l’égalité et la fraternité – peut-être dirait-on la solidarité aujourd’hui – sont profondément ancrées, où on prend au sérieux le réchauffement climatique, où les faits alternatifs peuvent être distingués de la vérité», a-t-il insisté. Dans le contexte du Brexit et de la montée des sentiments nationalistes, M. Van der Bellen a mis en garde contre la tentation de mettre à bas l’édifice européen construit depuis 60 ans. «Détruire l’Europe, ce n’est pas difficile, mais reconstruire ce qui a été détruit, c’est très difficile. L’idée européenne est une grande chose, elle est unique et elle vaut toutes les peines», a-t-il estimé. «Nous avons eu la paix par la coopération et le respect mutuel, c’est une performance civilisationnelle dont nous pouvons être fiers». Bien que les fonctions du président de la République autrichienne soient essentiellement protocolaires, l’élection d’Alexander Van der Bellen a eu un fort retentissement en Europe, car une victoire de son adversaire du parti d’extrême droite FPÖ Nobert Hofer aurait constitué une première à la tête d’un Etat de l’UE.