Les revenus du système de péage qui sera bientôt installé devront suffire au financement des opérations d’entretien et de maintenance de l’infrastructure de l’autoroute Est-Ouest. C’est ce qu’a indiqué avant-hier samedi le Premier ministre à l’issue d’une réunion interministérielle consacrée au dossier.

D’après Noureddine Bedoui, dont les propos ont été rapportés par l’APS via un communiqué des services de la chefferie du gouvernement, l’Etat n’envisage pas de mettre un dinar supplémentaire dans le maintien opérationnel de l’autoroute (1216 km), une fois le dispositif de péage totalement opérationnel, et c’est aux usagers d’y contribuer via leur paiement et les recettes qu’il engendrera.
Quand ce système de péage sera-t-il prêt ? Les services du Premier ministère n’ont pas fourni d’indication sur sa mise en service et se contentent d’indiquer que tout se fera selon un «calendrier défini». Mais on suppose que c’est une question de mois, voire de semaines, en attendant que soit notamment mis en place le système de paiement électronique (e-paiement) envisagé ainsi que celui relatif à l’abonnement également prévu pour les professionnels de la route qui auront à utiliser ce grand ruban de bitume relayant le pays d’Est en Ouest. Et dont les dernières parties ne sont pas encore totalement achevées.
D’où l’instruction adressée par le Premier ministre aux services compétents d’accélérer les travaux de réfection et de rénovation des linéaires atteints de dégradation ou non encore terminés. Il est ainsi question de «l’impératif de parachever, dans les meilleurs délais, la réalisation et l’équipement du tronçon devant relier la localité de Dréan dans la wilaya de Tarf à la frontière tunisienne, une portion de 84 kilomètres dont la réalisation a pris du retard. Pour l’ensemble du chantier qui reste à boucler, le Premier ministre a ordonné la mise en place d’une «commission multisectorielle» concernant les départements des Finances, de l’Energie, de l’Industrie et des Mines, de la Poste, des télécommunications, des technologies et du numérique, des Travaux publics et des transports et des Ressources en eau et de l’Intérieur. Le Centre national de prévention et de sécurité routière (CNPSR) et l’Agence nationale des autoroutes (ANA) y sont également associés pour une action qui consiste à assurer le «suivi du parachèvement de la réalisation du projet d’équipement de l’autoroute» Est-Ouest et «la mise en service du système de péage suivant un calendrier bien défini». Ces commissions, apprend-on, seront assistées par des «sous-commissions» chargées de toutes les questions afférentes, notamment la «levée des entraves d’ordre technique, financier et procédural outre la finalisation du cadre juridique relatif à l’exploitation et à la maintenance de l’autoroute». D’ici là, on apprend que l’équipement relatif aux «stations-service, aires de repos, centres de péages et différents systèmes de communication, de contrôle et de sécurité» ont connu un «taux d’avancement de 72%».

Péage, quels tarifs ?
Selon des indications récentes du ministère des Travaux publics et des Transports, le système de péage de l’autoroute Est-Ouest devrait être fin prêt au mois de novembre prochain. Mais, à la lecture du communiqué qui a suivi la réunion interministérielle, présidée samedi dernier par le Premier ministre, il y a de fortes probabilités que ce délai ne soit pas respecté. Autrement, comment comprendre qu’aucune indication n’a été donnée sur la mise en service du système. La seule indication est que Noureddine Bedoui a instruit les services concernés d’accélérer les chantiers qui restent à réaliser. Le fait qu’il ait convoqué une réunion impliquant plusieurs ministères est un signe que le gouvernement est préoccupé par les retards et les imprévus qui ont marqué la réalisation du « projet du siècle », comme on l’a souvent entendu et qu’il a décidé de les boucler à la fin de l’année ou au début de l’année 2020 au plus tard.

Quid du tarif retenu pour l’accès à l’autoroute ?
Selon les mêmes déclarations du ministère des Travaux publics et des Transports, le kilomètre coûtera aux usagers entre 1 et 1,5 dinar, mais il s’agit d’estimations vieilles déjà de plusieurs mois qui peuvent être révisées en fonction des besoins d’entretien et de maintenance revus à l’aune des difficultés économiques et financières auxquelles l’Etat et le gouvernement font face actuellement.
Pour rappel, l’autoroute Est-Ouest comprendra près de 50 gares de péage sur échangeurs, 7 gares de péage en pleines voies, 22 centres d’entretien et 35 aires de repos. 146 stations de recueil de données de trafic, 42 aires de services et 42  panneaux à messages variables sont prévus, sans compter le système de vidéosurveillance et les bornes téléphoniques.