Entre l’Autorité palestinienne et les Etats-Unis, les relations sont au plus mal depuis la rencontre du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avec le président russe Vladimir Poutine, à Astana. Abbas avait déclaré lors de la rencontre avec Poutine, qui s’est déroulée en marge de la Conférence sur l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA), tenue au Kazakhstan, qu’il ne faisait pas confiance aux dirigeants américains. Selon des sources médiatiques israéliennes, qui indiquent que les propos du président palestinien ne figurent pas dans la déclaration officielle mais qu’ils ont été délibérément diffusés par des cercles politiques israéliens, «les États-Unis adoptent une position manifestement biaisée avec Israël, et nous n’avons aucune confiance dans sa capacité à servir de médiateur pour résoudre le conflit avec Israël».
M. Abbas a réitéré son soutien au Quartet international, qui comprend la Russie, les États-Unis, les Nations Unies et l’Union européenne, déclarant : «Il n’est pas possible de laisser le contrôle des affaires aux États-Unis pour qu’ils agissent seuls. Nous ne faisons pas confiance à l’Amérique, et vous connaissez notre opinion. Nous ne lui faisons pas confiance ou ne dépendons pas d’elle, et nous n’acceptons pas que l’Amérique soit la seule partie à résoudre un problème». Il a ensuite ajouté dans des déclarations aux médias : «Les États-Unis peuvent être un partenaire au sein du Quartet ; parce que c’est une superpuissance, ça ne me dérange pas, mais d’être seuls, nous ne l’accepterons pas du tout.» D’autre part, M. Abbas a affirmé sa confiance en la Russie et son dirigeant, déclarant au président Poutine : «Monsieur le Président, nous sommes totalement assurés de la position de la Russie envers le peuple palestinien et la cause palestinienne. Nous croyons que la Russie adhère à la justice et au droit international, et cela nous suffit».
Face à la «colère» américaine, une source de la présidence palestinienne a indiqué hier à un quotidien israélien, Yediot Aharanot, qui a publié un éditorial critiquant le président Abbas, que le chef de l’Autorité palestinienne avait présenté au président Poutine une image de la situation et des souffrances palestiniennes et l’avait informé de l’escalade israélienne dans les territoires occupés. La Russie est avec la Palestine depuis des décennies, et il n’est pas normal que le président palestinien refuse une demande du président Poutine de le rencontrer, a-t-elle indiqué.
Pour les Etats-Unis, le président de l’Autorité palestinienne a commis une erreur en rencontrant le président Poutine. Selon la Maison Blanche, le président russe est loin d’être un partenaire dans le règlement du conflit israélo-palestinien, tandis que le président Biden recherche des «moyens créatifs»pour faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient.