Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections, Mohamed Charfi, s’est montré rassurant, hier, quant aux nouvelles procédures mises en place pour mener l’opération de préparation et d’organisation de l’élection présidentielle du 12 décembre, soutenant que «l’Autorité assume, devant l’histoire, la responsabilité de protéger la voix du peuple et son choix».

Dans ce sens, il a évoqué des aspects d’ordre technique, notamment l’installation de «la plateforme informatique propre à l’Autorité devant assurer la sécurisation des informations, de façon à ce que nulle interférence ne puisse être possible».
Il a, ainsi, insisté sur l’efficacité des nouvelles procédures, déclarant que le système informatique qui sera piloté par des experts contient «des mesures préventives qui relègueront la fraude au domaine de l’impossible». «Je pense que personne n’oserait une tentative de fraude», a-t-il assuré. Entre autres mesures préventives, le président de l’Autorité a cité «le changement des procès-verbaux» parmi les mesures prises en termes de «révision des aspects liés à l’opération électorale, à même de garantir un scrutin honnête et transparent». Il a également évoqué la révision exceptionnelle des listes électorales qui doit prendre fin demain et qui, selon lui, s’est déroulée dans de bonnes conditions. «Cette opération a connu une grande affluence, ce qui témoigne de l’optimisme des électeurs quant au prochain scrutin». C’est une opération qui est aussi «sécurisée». Il existe maintenant «un fichier national des électeurs», d’où personne ne peut être porté dans deux communes différentes. Quand quelqu’un change de résidence, dès qu’il se rapproche de la commune de son nouveau lieu de résidence pour s’inscrire, son nom est automatiquement détecté sur le fichier national et, du coup, il est automatiquement supprimé de son ancienne commune.
Après avoir mis en avant les garanties techniques que peut présenter l’Autorité indépendante des élections, M. Charfi a lancé un appel à l’ensemble des Algériens à prendre part au rendez-vous du 12 décembre prochain qu’il a qualifié d’«historique» et de «crucial», estimant que «le futur président devra être en mesure de prendre des décisions courageuses» et que «le citoyen est appelé à voter en faveur de la personne qui lui semble compétente et à la hauteur de cette responsabilité». L’objectif derrière la prochaine présidentielle, a-t-il poursuivi, «est au-dessus des conceptions de certains individus, du fait qu’elle constituera une plateforme solide pour les échéances électorales futures, comme elle représente la base du changement du régime qui n’a eu de cesse de compter sur les méthodes corrompues et disperser les coalitions devant la primauté de maigres intérêts». Il affirme que cette démarche répond à «une des revendications populaires» et que l’Autorité qu’il préside et qui a sous sa coupe 500 000 employés pour encadrer le scrutin «œuvre à la satisfaction d’une revendication fondamentale exprimée par le Hirak depuis le 22 février dernier, à savoir la consécration de la souveraineté populaire conformément aux dispositions de la Constitution». Il a rappelé, dans ce sens, que l’Autorité jouit de «tous les pouvoirs lui permettant d’exercer ses prérogatives dans le cadre de la loi, loin de toute injonction».
Sur un autre volet, il a indiqué qu’il sera procédé, aujourd’hui, à l’installation des délégués de l’Autorité au niveau des wilayas, précisant que la composition humaine, au niveau local, «connaitra un changement radical en favorisant les jeunes de l’élite universitaire en faisant fin à l’esprit rentier qui régnait».
Mohamed Charfi a, ainsi, voulu rassurer sur les aspects techniques d’encadrement de l’opération électorale, comme il a lancé des appels à aller massivement aux urnes, ce qui relève plutôt du discours politique. Des observateurs estiment qu’au-delà des assurances de M. Charfi quant à l’organisation du scrutin, le peuple a besoin également d’autres garanties pour pouvoir et vouloir «voter massivement». Et la solution se trouve bien dans le discours politique rassurant, non pas avec des paroles seulement, mais avec des actes. Des actes qui peuvent se traduire par l’application des mesures d’apaisement à même de faire régner un climat propice à l’élection. Des mesures réclamées, depuis plusieurs mois, par l’ensemble de la population et qui peuvent être traduites, notamment, par la libération des détenus d’opinion et par la non implication, de quelque façon que ce soit, des symboles du système décrié dans la vie politique actuelle du pays.