Depuis sa création en automne 2019, cette autorité s’affirme comme le grand organisateur de la consultation d’aujourd’hui. Son statut en dépend également, puisque le texte soumis au vote propose sa constitutionnalisation comme «gage de transparence» de tout scrutin.
Un des principaux acteurs du scrutin référendaire d’aujourd’hui est l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Pour cette autorité, chargée depuis sa création de l’organisation de toute opération électorale en Algérie, c’est la deuxième fois depuis la présidentielle de décembre 2019 qu’elle supervise un vote de grande ampleur.
Cette commission, qui s’annonce comme une organisation de pouvoir sur tout ce qui se rapporte au calendrier électoral dans le pays, s’affirme depuis cette échéance comme le grand «régulateur» et garant de la transparence de tout suffrage dans le pays. Ainsi, autrefois à la disposition du ministère de l’Intérieur, le fichier national électoral est actuellement placé sous l’autorité de l’ANIE, a indiqué hier, samedi, son chef.
Mohamed Charfi a même fait savoir que dans le cas où le département de l’Intérieur souhaite l’exploitation du fichier, il devra d’abord obtenir l’autorisation du président de l’Autorité électorale, un «saut qualitatif important», a-t-il encore jugé. Cet ancien magistrat et ex-garde des Sceaux a également affirmé, dans sa déclaration à la presse, que son organe veillerait à assurer «la régularité et la sécurisation de l’opération de vote» aujourd’hui. M. Charfi, qui commande une armée d’administrateurs de plus de 4 000 personnes à l’échelle nationale, a fait état de 90 000 membres de l’ANIE pour préserver «l’intégrité et la régularité» du scrutin. Il a indiqué que cette autorité supervise l’opération électorale du début à la fin, à l’exception de certaines fonctions relevant de la logistique confiées à l’administration.
«L’ANIE jouit d’une réelle autonomie en comptant sur ses ressources humaines tant pour la logistique informatique ou sanitaire par l’équipe d’ingénieurs et ses médecins qui ont établi, eux-mêmes, le protocole sanitaire de l’Autorité nationale des élections par ses propres moyens», a encore indiqué M. Charfi sur les ondes de la RAI.
Elle a été créée le 15 septembre 2019 dans le sillage du Panel chargé, à l’époque, du dialogue avec l’opposition et les militants du mouvement populaire pour le changement. Son président déclarait à l’automne de cette année-là qu’«elle s’attèle résolument à la concrétisation de la volonté du peuple et des slogans brandis par l’élan populaire pour le changement depuis le 22 février, conformément au serment prêté sur le Saint Coran devant le peuple, les Chouhada et la patrie». La révision de la Loi fondamentale propose de la constitutionnaliser comme «gage de transparence» pour tout scrutin, ont affirmé des juristes favorables à cette révision. <