Durant le 1er semestre 2018, 100 138 nouveaux véhicules ont été mis en circulation, révèle l’Office national des statistiques (ONS). Ces chiffres, rapportés lundi dernier par l’APS, indiquent que le marché de l’automobile en Algérie n’a pas perdu de sa vitalité et que ses transactions ne sont pas celles annoncées par les prévisions énoncées par les observateurs à l’occasion de la crise économique qui touche le pays.

En ce qui concerne le véhicule neuf, le nombre est passé du simple au double avec une augmentation de plus de 100% des unités mises en circulation entre janvier et juin 2018 par rapport à la même période en 2017.
Si l’on se fie à la dépêche de l’APS sur le sujet, l’ONS relève, en effet, une « forte augmentation de 100,9% (50 289 véhicules) durant le 1er semestre de l’année dernière contre 48 849 unités à la même période de l’année d’avant ».
Quand on sait que depuis l’été 2014, et la chute drastique des cours de pétrole, le temps est à la restriction de l’importation, ce chiffre paraît surprenant. En vérité, il y a parmi les véhicules neufs mis en circulation entre janvier et juin de l’année dernière, des automobiles qui étaient déjà dans les parcs de stockage avant leur immatriculation. On peut également supposer que l’industrie de l’assemblage, aujourd’hui très fortement perturbée suite à l’emprisonnement de nombreux patrons du secteur pour délit d’infraction à la loi et à la réglementation entre autres, a également contribué à cette vigueur du marché.
Les immatriculations définitives des véhicules neufs renseignent sur les mises en circulation des véhicules vendus, explique l’Office, qui confirme que l’examen de ces immatriculations définitives, au regard des importations, fait apparaître qu’une bonne partie des véhicules n’est pas immatriculée au cours de l’année d’importation.
Le véhicule, un marché urbain à l’exception de Djelfa
Au-delà de ces précisions sur le marché du véhicule neuf dans notre pays, les indications de l’ONS montrent clairement que ce marché, qui n’était pas si terne l’année dernière en attendant le bilan définitif de l’exercice, entamait déjà une transition dont on aura une photographie plus complète à l’année 2019, marquée, on le sait, par les effets de la crise politique sur le secteur via les affaires en justice concernant certains de ses grands noms. Par ailleurs, ce marché, clairement urbain que se partagent les grandes villes algériennes. Avec, en tête, Alger, suivie de Blida, Sétif et Oran. La seule exception est Djelfa, qui se classe avant la métropole de l’ouest. Pour le détail, le parc automobile durant la période janvier-juin 2018 était de 508 092 véhicules de tourisme (68,29% du chiffres global 743 994), de 127 004 camionnettes (17,07%), de 30 386 camions (4,08%), de 7 872 tracteurs agricoles (1,06%), de 8 750 remorques (1,18%), de 7 794 autocars-autobus (1,05%), de 7 702 tracteurs routiers (1,04%) et de 1 048 véhicules spéciaux (0,14%) et enfin de 45 346 motos (6,09%).
Pour ce qui concerne la répartition régionale, comme on l’a déjà précisé, les cinq premières wilayas qui ont compté le plus grand nombre d’opérations d’immatriculation et de ré-immatriculation durant le 1er semestre 2018 sont celles d’Alger avec 84 969 unités (11,42% de la totalité), suivie de Blida avec 49 010 (6,59%), de Boumerdès avec 31 596 unités (4,25%), Sétif avec 27 790 unités (3,74%), de Djelfa avec 27 012 (3,63%) et Oran avec 20 524 (2,76%).
A noter que depuis 2016, le débat porte sur le retour de la voiture d’occasion, un sujet récurrent revenu au-devant de la scène. Les experts sont partagés sur l’utilité de ce retour, les uns considérant qu’il n’est pas possible dans le contexte de recherche d’économie des devises devenues moins disponibles pour le pays, les autres pour affirmer que ce n’est pas la bonne manière d’encourager l’industrie naissante de l’assemblage.

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