Les délais accordés par les autorités publiques aux concessionnaires automobiles pour installer des industries ont expiré il y a près de deux mois. Les sanctions tombent avec l’attribution des quotas d’importation. De gros calibres sont éjectés du marché.

A l’issue de la réunion interministérielle tenue hier, le quota déterminé cette année 2017 pour l’importation de véhicules est de 50 000 unités. Il a été réparti sur près de 40 opérateurs parmi ceux qui se sont conformés aux exigences du cahier des charges en installant des usines de montage ou en faisant valider leurs projets industriels (montage ou fabrication de pièces détachées) par les instances compétentes. Les autres concessionnaires, parmi lesquels de grands groupes qui ont commercialisé de grandes marques automobiles pendant des années et qui étaient dans le top 5 des voitures les plus vendues en Algérie, se trouvent ainsi éjectés du marché. Les plus connus sont les groupes Cevital et Elsecom. Le premier, qui commercialisait la marque Hyundai notamment, a vu le constructeur sud-coréen opter pour d’autres partenaires locaux pour installer ses usines, à savoir Global Motors Industries pour les véhicules utilitaires à Batna et le groupe Tahkout pour les véhicules de tourisme à Tiaret.
Les retards accusés dans la réalisation des projets industriels du groupe de Issad Rebrab lui ont valu une éjection pure et simple du marché puisqu’il n’a ainsi pas pu obtenir un quota pour l’importation des voitures Fiat. Près d’un millier d’employés de sa filiale automobile sont désormais sur la sellette. Idem pour le groupe Elsecom d’Abderrahmane Achaibou. Ses partenaires sud-coréens ont opté pour un autre partenaire pour construire des voitures Kia en Algérie, à savoir le groupe Clovis de Batna. Et de ce fait, il n’a eu aucun quota pour les 13 marques qu’il commercialisait auparavant (Ford et une multitude de marques chinoises). Il convient enfin de rappeler que ledit cahier des charges promulgué en 2014 a imposé aux concessionnaires automobiles en activité un délai de trois années pour installer une activité industrielle. Aussi, le cahier de charges de l’activité de montage de véhicules exige qu’ils portent la part des composants produits en Algérie à 15% à la troisième année, c’est-à-dire au bout des deux années suivant le démarrage de la production et à 40% à la cinquième année, c’est-à-dire au bout des quatre années suivant le démarrage de la production. L’intégration locale inclut les achats locaux de matières premières, de prestations, de pièces de première monte et les composants fabriqués localement ainsi que les coûts de la logistique. Le taux d’intégration prend en considération y compris le coût de la main-d’œuvre locale (masse salariale).
«Le total des coûts locaux (coûts de revient des pièces fabriquées par l’usine pour elle-même, salaires et formation) et des achats locaux (pièces fabriquées localement, matière première quand elle n’est pas incluse dans les coûts locaux, logistique et prestation achetées) divisé par le total des coûts locaux, la valeur des achats locaux et la valeur des achats à l’importation.» Le cahier des charges prévoit aussi un bonus de 10% sur le taux d’intégration pour l’«adaptation, sur les véhicules produits, des moteurs, ponts et boîtes de vitesses de production nationale», précise le cahier des charges.