Un rapport scientifique vient de révéler que l’Algérie est parmi les quatre premiers pays à consommer des antibiotiques. Dépassant même des pays à revenu élevé et aux traditions de consommation établies. Un record qui ne peut que susciter de l’inquiétude, voire laisser interrogateur sur cette tendance morbide.

La grande consommation de médicaments n’est pas synonyme de bonne santé d’une population. Cela révèle au contraire une situation de dépendance qui en dit long sur le désordre actuel dans l’environnement sanitaire et l’accès aux soins. Beaucoup d’observateurs le déplorent aujourd’hui : l’automédication est en train de devenir un fléau particulièrement dangereux qui menace des pans entiers de la population.
L’Algérie compte pas moins de 11 000 officines pharmaceutiques réparties à travers le territoire national. Une moyenne d’une officine pour 3 500 habitants. Ce qui dépasse largement les normes réglementaires actuelles et les recommandations de l’OMS. Faute de mesures strictes dans la vente en pharmacie et des campagnes de sensibilisation sur l’usage rationnelle du médicament, la tendance pourrait s’avérer catastrophique à long terme. D’autant plus que selon les spécialistes, l’usage excessif de médicaments diminue à la longue de leur efficacité. Sans parler du coût sur la sécurité sociale et les dépenses de santé en général. Selon les professionnels, la facture globale des médicaments pourrait se chiffrer à 96 milliards de dinars en 2018, contre 88 milliards en 2017 et 14 milliards en 2014. Une tendance à la hausse qui risque de connaître un nouveau pic avec la consommation à la mode de complément alimentaire. Avec la faiblesse de la réglementation, tous les excès deviennent possibles. Il devient impératif de mettre des règles strictes de commercialisation des médicaments autant que les normes de bonnes pratiques de fabrication. Il est essentiel que toutes les conditions de protection de la santé du citoyen et de la qualité de sa médication soient réunies et respectées.