Les gérants des auto-écoles montent au créneau. Ils rejettent le nouveau programme du ministère des Transports concernant leur activité. En effet, le ministère a transmis dernièrement une note aux directeurs de wilaya pour l’application d’un nouveau cahier des charges dès janvier 2019.

Elaboré en février 2015 par le Centre national des permis de conduire (Cenapec) et le ministère des Transports et des Travaux publics, ce programme propose une augmentation des heures de formation à 55 heures (25 h de théorie et 30 h de conduite) ainsi que l’introduction de deux nouvelles matières, le secourisme et la mécanique. La deuxième étape du projet concerne la confection d’un autre programme qui concerne la catégorie C, c’est-à-dire le poids-lourd et suivra la troisième étape pour la catégorie D, c’est-à-dire le transport en commun.
Ce programme contient également d’autres nouvelles mesures qui ont été décidées par les pouvoirs publics, pour tenter de mettre un frein à la multiplication des accidents de la route et aux nombreux tués et blessés qu’ils engendrent. Il s’agit notamment du durcissement des sanctions contenues dans la nouvelle loi sur la circulation routière (en vigueur depuis le 19 mars dernier) qui prévoit une hausse importante des amendes forfaitaires pour chaque contravention. La principale mesure de cette nouvelle loi serait, sans conteste, l’introduction du permis de conduire à points.
Ce qui contribuera, selon les spécialistes, à faire baisser sensiblement les accidents de la circulation. Certains estiment qu’avec l’application du permis à points les accidents de la route qui tuent des milliers de personnes chaque année en Algérie devraient diminuer de 70%. Ainsi, ce dispositif permettra l’exécution de la pénalité et mettra fin aux interventions et à la triche. Les gérants des auto-écoles contestent que le ministère des Transports n’ait pas accompagné ces mesures par un changement des tarifications. Car pour la majorité, augmenter les heures de formation doit être suivi d’une augmentation des tarifs.
La Fédération nationale des auto-écoles affiliée à l’UGCAA avait appelé, en 2015, à unifier les tarifs afin de mettre sur un pied d’égalité toutes les auto-écoles en la matière et d’éviter des augmentations anarchiques. Rappelons également à ce sujet qu’en avril dernier l’organisation nationale des auto-écoles (ONAE) a appelé à l’application d’un tarif unifié, lequel sera fixé à travers tout le territoire national pour l’obtention du permis de conduire. Ce tarif unifié permettra de mettre un terme à la concurrence déloyale et surtout à élever le niveau de la formation.
L’autre préoccupation de la corporation est celle de revoir les modalités d’obtention du certificat de la qualification professionnelle, pour les catégories C, D et E avec l’annulation de la formation pour les gérants des auto-écoles cumulant cinq ans d’expérience.
Il est, également, question de fixer l’âge minimum pour la catégorie C1 à 20 ans, afin de permettre au candidat d’obtenir l’expérience requise pour passer le C2.