Dossier jugé une première fois en 2016, l’affaire «Sonatrach 1» devrait à nouveau être examinée aujourd’hui par le Tribunal criminel près la Cour d’appel d’Alger. Cette nouvelle procédure avait été demandée par la Cour suprême dès le mois de juillet 2019. La plus haute juridiction du pays remet ainsi en avant l’un des principaux «scandales» politico-économiques de l’ère Bouteflika.
L’affaire Sonatrach, qui avait retenu les charges particulièrement lourdes d’«association de malfaiteurs», «détournement de fonds publics», mais aussi «corruption» et «blanchiment d’argent», avait largement porté atteinte à l’image de la compagnie Sonatrach dirigée à l’époque par Mohamed Meziane. Une quinzaine de hauts responsables de la Sonatrach, dont le PDG et des membres de sa famille, mais aussi quatre entreprises algériennes et étrangères dont l’allemande Funkwerk et l’italienne Saipem sont, pour rappel, poursuivies par la justice. Ce dossier avait mis en avant des liens de corruption dans la passation de marchés de gré à gré avec des compagnies étrangères. Il s’était notamment agi de l’acquisition par la Sonatrach d’équipements de surveillance et de protection des sites auprès de groupe allemand Contel Funkwerk Pletarc en passant par sa filiale algérienne Contal Algérie Funkwerk. Le second marché suspecté par la justice avait pour sa part concerné le projet de réalisation d’un gazoduc entre l’Algérie et l’Italie, un chantier confié au groupe italien Saipem et où l’existence de rétro commissions avait été évoquée. Et le dossier d’accusation avait également mis en cause la gestion de la Sonatrach d’un troisième marché visant à la réhabilitation du siège de l’entreprise à Alger.
Ainsi, le verdict prononcé en 2016 et, aujourd’hui, examiné de nouveau par la justice, avait abouti le 2 février 2016 à la condamnation du PDG de l’époque de Sonatrach. Mohamed Meziane avait ainsi été condamné à une peine de cinq ans de prison avec sursis et à une amende de 2 millions de dinars. Ses fils Mohamed Reda Meziane, conseillé de Saipem Contracting Algérie, et Bachir Fawzi Meziane, actionnaire de Contel Algérie, avaient pour leur part été condamnés à des peines de 6 et 5 ans de détention en plus d’amendes de 2 et 1 million de dinars. Les autres cadres de la Sonatrach mis en cause ont pour leur part écopé de peines allant de 18 mois d’emprisonnement à cinq ans de prison ferme et 500 000 dinars d’amende pour le vice-président chargé des activités «amont» Belkacem Boumediène.
Quant aux entreprises mises en causes, Mohamed Reda Djaafar al-Ismaïl a la tête du holding algéro-allemand Contel Funkwerk, avait écopé d’une peine de 6 ans de prison et 2 millions de dinars d’amende. La société allemande Funkwerk Plettac avait reçu une amende de 5 millions de dinars. Les avocats de la défense avaient pour la plupart demandé l’acquittement des prévenus à l’issue de la procédure qui avait duré près d’un mois ; l’avocat du vice-président Belkacem Boumediène avait en ce sens estimé que «toutes les charges retenues contre son client étaient des actes de gestion». L’ancien président de la Sonatrach Mohamed Meziane s’était, quant à lui, dit victime d’une «machination», selon les déclarations recueillies à l’époque par la presse.