C’est véritablement une finale avant la lettre que la CAN 2019 nous offre en plateau dans ces huitièmes de finale incertaines où le jeu reste ouvert tant le niveau entre protagonistes demeure comparable, à moins que ces derniers n’ont pas encore révélé leurs véritables atouts.

A Alexandrie, deuxième ville d’Egypte, le tenant du titre le Cameroun sera ainsi opposé au Nigeria dans une confrontation classique entre géants du football africain dont l’évocation même des noms fait ressurgir à la surface les périodes les plus fastes de la CAN. Mais avant de se retrouver à Alexandrie pour ses huitièmes indécises aucune des deux équipes n’a montré de quoi égaler ses devancières dans les annales du football continental. Le Nigeria a été privé de la première place de son groupe par le surprenant et inexpérimenté Madagascar, qui l’a battu 2-0 à la surprise générale. Le Cameroun, qui reste sur deux 0-0 (contre le Ghana puis le Bénin), semble avoir du mal en attaque. Sacrée champion en 2017, la sélection dirigée par le néerlandais Clarence Seedorf a fini 2e du groupe F derrière le Ghana, pour se retrouver dans la partie de tableau la plus difficile. Ces difficultés au premier tour des deux favoris dans leurs groupes respectifs inquiètent sur la possibilité de réussir une CAN qui désormais n’accepte plus les calculs. Les critiques visant le néerlandais et son adjoint, Patrick Kluivert commencent déjà à poindre « ils ne connaissent rien au foot africain, les Lions indomptables sont trop complexes à diriger pour eux », ne cesse-t-on d’entendre parmi les journalistes camerounais présents en Egypte. Les deux sélections ouest-africaines vont sérieusement en découdre pour tenter chacun de se hisser en quarts de finale de la cette CAN égyptienne où tout semble possible. Bassogog, Choupo-Moting, Toko-Ekambi côté camerounais, John Obi Mikel, Ighalo, Ahmed Musa dans le rang des Nigérians sont ainsi invité à réécrire une nouvelle page des confrontations entre les deux voisins, de grandes valeurs du football africain.  

Le moment de se transcender
C’est un Cameroun qui est paru moins percutant qui devrait à cette occasion mettre en jeu sa couronne. Certains préfèrent rappeler l’équipe de 2017 qui avait également débuté au petit train (nuls face aux Burkina Faso et au Gabon, victoire par un seul but d’écart contre la Guinée-Bissau) pour se transcender dans la phase à élimination directe. Le Cameroun qui devrait en principe organiser la prochaine CAN est appelé à être à la mesure de sa réputation. Le Nigeria emmené par le Franco-allemand Gernot Rohr voudrait terminer sur le podium.  « Ce n’est pas toujours facile au Nigeria », répète chaque fois le technicien qui a mené les Super Eagles au Mondial 2018 en Russie. Le Nigeria qui avait raté les CAN 2015 et 2017 pour cause de non-qualification reste triple champions d’Afrique, une carte de visite que peu possède dans cette phase finale de la CAN : l’Egypte, le Ghana et… le Cameroun. Les observateurs ont tendance à dire qu’à partir des huitièmes c’est une nouvelle compétition qui débute et que les équipes ayant souffert au premier tour devraient généralement, après avoir révisé leurs leçons, donner une autre image. Cameroun-Nigeria, les puristes ne pouvaient rêver mieux à ce niveau d’une compétition à 24. Cette explication entre mastodontes devrait nécessairement accoucher en même temps d’une grosse déception et d’un sérieux avertissement pour la suite. Dans cette enceinte ouverte d’Alexandrie, sur les bords de la Méditerranée, le plus vieux stade du pays (inauguré en 1929), les Lions indomptables et des Super Eagles devraient sortir le grand jeu. Après le sifflet final, l’un des deux géants devrait quitter la compétition à ce niveau et pourrait probablement, comme c’est de coutume en Afrique, entrer en crise. Le victorieux, lui, enfilera définitivement le costume de possible futur vainqueur.