Le Centre de recherche économique appliquée au développement et l’Ecole nationale d’administration (ENA) organise, aujourd’hui au siège de l’école, une journée d’étude sur le thème de l’administration et de son rôle dans le développement du pays.

Le sujet est dicté par une actualité au centre de laquelle l’administration figure comme un acteur clé du management et du développement du pays et un corps qui souffre aussi de défaillances qui ont fini par être désignées, au fil des années, comme une menace sur la gestion et la gouvernance du pays. Le premier à pointer ses lacunes est le chef de l’Etat qui, pour rester dans les évènements économiques et politiques qui se sont succédé depuis janvier dernier, n’a pas manqué de relever les faiblesses de l’administration algérienne à prendre le train des réformes et à les soutenir par un management débarrassé de la bureaucratie lourde dont elle souffre.
Exemple parmi d’autres du procès présidentiel – au sens positif et de débat à trancher – fait à l’inertie administration, sa décision de confier au Médiateur de la République, Brahim Merad, la mission de débloquer les projets d’investissement en souffrance dans les bureaux des différents départements administratifs. A ce propos, M. Merad participe depuis janvier 2022 à tous les Conseils des ministres avec des rapports qui, si l’on se fie aux chiffres qu’il présente à chaque réunion du genre, renseigne sur l’impact de la bureaucratie sur le suivi et la régulation des dossiers d’investissement économique.
Pourquoi cette inertie ? De quoi ? Et de qui tient-elle ? C’est à ces questions que tentera de répondre le professeur Mohamed Cherif Belmihoub, enseignant à l’ENA, ancien responsable de l’information économique au gouvernement d’Abdelaziz Djerad et expert économique connu pour être présent dans les grandes discussions sur la situation économique et de l’entreprise dans le pays. M. Belmihoub interviendra sur un thème au titre lourd de sens, «l’administration au service du développement : grandeur et décadence de la bureaucratie». Il sera suivi par un autre enseignant à l’ENA, le professeur Ali Dabi qui parlera de la «nécessité de réforme» de l’administration algérienne. Lui succédera son collègue Rachid Kheloufi qui fera une intervention sur «l’administration publique dans les Constitutions algériennes». Au cours de la journée d’étude, il sera question également du «développement et de la re-territorialisation et opportunité(s) pour la décentralisation de l’administration», un sujet qui sera abordé par le professeur Azzedine Belkacem Nacer du Pôle universitaire de Koléa.
En deuxième partie de la journée d’étude, il y aura des «regards croisés sur la transformation digitale et les écosystèmes de l’innovation», pour discuter et débattre du thème de «l’administration publique, levier de la modernisation de l’économie nationale». Les participants à cet échange seront le professeur Sid-Ahmed Benrouane de Carlsoon School, USA, et le professeur Amine Ferroukhi, de l’Ecole nationale supérieure de magistrature (ENSM) qui abordera également la question de «l’évolution de l’administration publique : de la gestion publique au management public».
Dans cette partie, également, un angle d’étude sera consacré à «la modernisation du secteur de la sécurité sociale en Algérie» à partir de «l’expérience de la Caisse nationale des retraites (CNR)». Un dossier brûlant d’actualité qui sera abordé par deux chercheures du Cread, les docteurs Assia Guedjali et Nawel Oussalah.
En fin de journée d’étude, une table ronde sera organisée autour des «enjeux de la modernisation de l’administration publique» avec, comme modérateur, le Directeur général de l’ENA, Abdelmalik Mezhouda. Il est à noter que les animateurs de cette table ronde sont Omar Hammissi, Directeur général de l’Ecole supérieure des banques (ESB), Moundir Lassassi, Directeur du Cread, Abderahmane Abedou, Directeur de recherches au Cread, Ali Larkem, Directeur, au ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tadjeddine Bachir, président du Groupement algérien des acteurs du numérique (GAAN), Mohamed Ayadi, secrétaire général du Comité de la route transsaharienne, et Mohamed Benguerna, directeur de recherches au Cread.
Il est à noter, enfin, qu’au début de la journée d’étude une convention de partenariat sera signée entre l’ENA, l’ENSM et l’Institut d’économie douanière et fiscale (IEDF).