PAR MILINA KOUACI
Les syndicats de la Fonction publique devraient se réunir au cours de cette semaine afin d’évaluer le mouvement de grève de deux jours qu’ils avaient observé les 26 et 27 avril dernier et décider des actions à entreprendre. Une réunion d’évaluation qui intervient au lendemain du discours du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à l’occasion de la fête internationale des travailleurs.
Le président de la République a, en effet, saisi l’occasion pour s’exprimer de nouveau sur la question du pouvoir d’achat. Il a réitéré son engagement à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, assurant que l’Etat mobilisera pour cela toutes «les ressources possibles».
«La protection du pouvoir d’achat, la préservation des emplois et de la prise en charge sociale demeureront parmi les priorités auxquelles nous accordons un intérêt particulier et pour lesquelles nous œuvrerons à mobiliser les ressources financières possibles, notamment au profit de la classe moyenne, les catégories à revenu limité et les couches démunies», a indiqué M. Tebboune dans un message lu en son nom par le ministre du Travail, Youcef Cherfa, à Aïn Defla.
Il a, par ailleurs, appelé l’ensemble des organisations syndicales «à mesurer l’ampleur de leurs responsabilités à l’égard des travailleurs et des entreprises et du rôle qui leur incombe pour garantir la stabilité sociale, le développement de la production, l’augmentation du rendement et une adaptation continue aux mutations socio-économiques». D’autant que, ajoute le président de la République, «les tensions dans le monde nous interpellent à faire preuve de détermination et à remporter l’enjeu des défis du développement durable, de la numérisation et de l’économie de la connaissance», en réitérant la détermination de l’Etat à «poursuivre l’écoute des principales préoccupations du monde du travail en quête d’approches efficientes permettant de consolider les acquis réalisés en moins de deux ans».
«Nous pourrions surseoir à nos actions si le Président décide de rapprocher les délais de la mise en œuvre de la prochaine augmentation salariale», dit Boualem Amoura, coordinateur de la Confédération des syndicats algériens (CSA). Lors de sa dernière rencontre avec la presse nationale, le 23 avril, Abdelmadjid Tebboune s’était engagé à revoir à la hausse les salaires et l’allocation chômage à partir de janvier 2023, après les résultats définitifs des recettes de l’exercice en cours.
Le pouvoir d’achat des travailleurs s’est «nettement dégradé et les travailleurs ne peuvent attendre jusqu’à janvier 2023», poursuit notre interlocuteur, qui plaide ainsi pour la révision de la valeur du point indiciaire avant la prochaine rentrée sociale. Le Président reconnaît à travers ses déclarations l’insuffisance des augmentations induites par les mesures relatives à la réduction de l’IRG et à la révision du point indiciaire, absorbées par la chute du pouvoir d’achat. «Le président a reconnu la légitimité de nos revendications et l’insuffisance des augmentations salariales induites par la révision du point indiciaire lorsqu’il a annoncé, le 23 avril, des augmentations salariales dès janvier prochain», explique Boualem Amoura.
Pour rappel, la grève observée par 28 organisations syndicales a été décidée pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur le malaise social qui prévaut chez les travailleurs en raison de la dégradation du pouvoir d’achat. La grève a été décidée en réaction avec la dernière révision du point indiciaire et de la nouvelle grille indiciaire des salaires qui, selon des acteurs sociaux, n’ont eu «aucun impact positif» sur le pouvoir d’achat des travailleurs.
Les travailleurs revendiquent une amélioration du pouvoir d’achat à travers l’augmentation à 100 DA de la valeur du point indiciaire (actuellement fixé à 45 DA), la création d’un Observatoire national du pouvoir d’achat, la révision du dossier des primes et l’actualisation de la prime de zone sur la base du régime de rémunération de 1989. Ces syndicats n’écartent pas, d’ailleurs, la possibilité d’aller vers d’autres actions «plus radicales», si leurs revendications ne sont pas satisfaites. <