L’augmentation du prix du pain décidée, notamment, par les boulangers d’Oran, de Tizi-Ouzou et de Béjaïa, n’a pas eu d’effets sur leurs homologues à Alger. En effet, le prix est resté le même, hier, dans la capitale. «J’ai payé la baguette à 10 DA »

, apprend-on d’un jeune rencontré à la place du 1er-Mai. Pour lui, «l’augmentation du prix du pain n’étonnera personne puisque tout va augmenter dans un mois ». Un père d’une famille nombreuse, rencontré dans la même boulangerie, n’est pas du même avis. « Je dois débourser au moins 500 DA chaque matin pour assurer le déjeuner de ma famille », a-t-il dit, précisant que le prix actuel « est à la portée de tous ». Une vieille dame rencontrée sur le même lieu ne pense pas moins que le père de famille. « De nombreuses familles ne vivent pratiquement que de lait en sachet et de pain, alors comment augmenter le prix sans penser aux salaires », a-t-elle regretté. A El Madania, les quelques citoyens interrogés ne s’étonnent pas d’une probable augmentation. «De nombreuses autres augmentations entreront en vigueur au mois de janvier », déclare un enseignant à la retraite. Une vieille dame assise à côté de lui n’est pas de cet avis. Pour elle, « il faut s’y opposer », car « les gens n’en peuvent plus ». « Il est tout de même regrettable que tout augmente sans voir réagir le peuple », dit-elle, avant qu’un jeune venu prendre « une pizza maison » ne lui rétorque : « Tout va augmenter et personne ne trouvera à redire. » A Bir Mourad Raïs, au quartier la Concorde, les deux boulangers n’ont pas encore entendu parler d’une probable augmentation, pourtant, disent-ils, « c’est une revendication de plusieurs années ». « Notre marge bénéficiaire est limitée avec toutes les augmentations déjà effectives depuis plusieurs mois », a dit Ahcène, gérant d’une boulangerie. « Avec l’électricité, le transport, les travailleurs, la location et l’entretien du matériel qui nous coûte très cher, il est vraiment difficile de maintenir l’activité », a-t-il annoncé. Regrettant que s’il y a augmentation, « ce sera au client d’en payer le prix ». A Ben Aknoun, les gens ne sont pas au courant de cette augmentation mais s’attendent à des hausses à partir du mois de janvier. «Cela ne m’étonnera nullement, mais les autorités doivent veiller sur la qualité du pain vendu », plaide Djaffer venu acheter du pain amélioré. « Cela fait des années que je n’achète plus ce pain dit normal», dit-il. Ajoutant qu’« il est difficile d’empêcher une augmentation quand les gens la réclament pour gagner mieux leur vie ». Sadek estime quant à lui que l’Etat doit veiller « à limiter les augmentations tous azimuts », car « certains profitent de la confusion pour saigner les ménages ».