L’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), créée en décembre 2015 après une scission de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), a organisé, hier à son siège à Alger, une conférence de presse pour faire le point sur la question de la grève des boulangers entamée la veille du Mawlid Ennabaoui pour réclamer l’augmentation du prix de la baguette.

 

«Tout boulanger qui aura augmenté le prix de la baguette sera évincé de l’Association», a déclaré d’emblée le président de l’ANCA, El Hadj Tahar Boulenouar. «Cette grève est anarchique et illégale. Elle a été suivie d’à peine 600 boulangers à travers plus de six wilayas, dont Oran, Tizi Ouzou, Béjaïa, Boumerdes, Béchar et Tipasa», a poursuivi l’orateur. «Le relèvement du prix de la baguette est illégal. J’appelle les boulangers à se conformer à la législation en vigueur», a-t-il dit également.
Le président de l’ANCA a, toutefois, appelé les pouvoirs publics à ouvrir le dossier du pain. «La question du prix du pain revient cycliquement au-devant de la scène. Elle été évoquée déjà en 2002-2003, en 2008-2009, puis en 2013 et encore en 2015.» En conséquence, le représentant des commerçants propose à ce que «ce dossier soit étudié dans le cadre d’une commission multisectorielle ».
Présent à la conférence de presse, le président de l’Association algérienne de protection des consommateurs et de l’environnement (Apoce), Mustapha Zebdi, a d’abord fait part de son soulagement après les déclarations du ministre du Commerce. Il a cependant fait part de son «regret de constater que ce dossier traîne encore dans les tiroirs du Premier ministère». Il a également appelé à «l’ouverture de ce dossier dans les plus brefs délais». Mustapha Zebdi s’est dit, par ailleurs, favorable à l’association de tous les intervenants sur la chaîne du pain, à commencer par les minoteries et, bien entendu, les représentants des consommateurs.
Fait peu anodin, le président de la Commission nationale des boulangers -affiliée à l’ANCA -, Kamel Titouah, a confié que «les boulangers qui ont décrété la grève sont ceux qui, faute de disponibilité de la farine, n’en produisent plus». Sur un ton de confidences aussi, le président de la Commission nationale des boulangers incrimine les minoteries, leur reprochant de ne pas approvisionner suffisamment les boulangeries et de favoriser à l’inverse les pâtissiers. Mieux, notre interlocuteur soutient que les minoteries favorisent le marché informel de la farine. En fait, le prix fixé et régulé de la farine blanche est établi à 2 000 DA/tonne. Faute de pouvoir l’acquérir au niveau de ces minoteries, les boulangers recourent au marché noir, au prix de 2 300, voire 2 500 DA la tonne. A la veille du Mawlid Ennabaoui, des boulangers ont décidé d’un mouvement de grève et d’un relèvement du prix de la baguette de 10 à 15 DA. Selon l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), il s’agit de 600 boulangeries sur les 21 000 que compte le pays. Plus encore, et de l’aveu du président de l’ANCA, au maximum seuls 3 000 boulangers sont effectivement structurés. Leur principale revendication a trait à la marge bénéficiaire qui leur échoit. Selon, M. Boulenouar,
3 000 boulangers ont fermé boutique depuis janvier 2017.