Le réajustement du barème de l’IRG, contenu dans l’avant-projet de loi de finances 2022, continue de faire réagir différentes catégories professionnelles. Celles exerçant dans le secteur de l’Education nationale font manifestement preuve de plus d’exigence. C’est ce qui ressort des avis recueillis parmi les corps communs mais aussi des directeurs d’établissements de l’enseignement secondaire.

PAR MILINA KOUACI
A l’évidence, et si des syndicats de l’Education saluent la décision du Président portant sur la baisse de l’Impôt sur le revenu global (IRG) ainsi que l’augmentation du point indiciaire dans les salaires de la Fonction publique, ils n’expriment pas moins leur crainte que cette décision ne soit, dans le fond, que de la «poudre aux yeux» et que leurs revendications ne soient pas satisfaites.
C’est le cas des corps communs et des proviseurs de lycée qui appellent à ce que le taux d’augmentation du point indiciaire soit «conséquent», afin que le personnel du secteur puisse faire face à l’érosion du pouvoir d’achat. Le Syndicat national des corps communs et ouvriers professionnels de l’Education nationale (SNCCOPEN) souhaite «une prise en charge particulière» envers une corporation qui vit dans la pauvreté», écrit le syndicat dans un courrier adressé à la présidence de la République. Le syndicat exige, en effet, une révision radicale des salaires pour face à l’érosion du pouvoir d’achat, car «sans une augmentation conséquente, les décisions annoncées seront sans impact sur le pouvoir d’achat», indique Sid-Ali Bahari, président du bureau national, dans une déclaration à Reporters, appelant à ce propos à ce qu’il soit associé à la prise de décision.
De son côté, le Conseil national autonome des directeurs des lycées (CNADL) exige du gouvernement d’appliquer la décision du président concernant la baisse de l’IRG et l’augmentation du point indiciaire à condition que l’augmentation soit «importante».
«L’augmentation du point indiciaire devrait garantir une amélioration du pouvoir d’achat qui est à son niveau le plus bas», regrette le syndicat dans un communiqué rendu public. Le CNADL exige dans ce sens, que l’augmentation du point indiciaire, évalué actuellement à 45 DA ne soit pas inférieur à 100 DA, et que la baisse de l’IRG concerne, également, la catégorie des directeurs des lycées.
Ces derniers demandent également à la tutelle d’ouvrir le dossier du statut particulier des travailleurs de l’Education, pour le revoir de façon «radicale», exprimant leur étonnement de ce qu’ils qualifient de «tergiversation» de la tutelle pour ouvrir ce dossier, bien que le président ait demandé, en mai dernier, de le rouvrir. Le même syndicat dénonce, par ailleurs, «l’atermoiement» du ministère pour la concrétisation des revendications qu’il avait soulevées et demande d’engager un dialogue sérieux pour la prise en charge des revendications dans les meilleurs délais.
Dans le même contexte, les directeurs des lycées dénoncent la pression du travail qu’ils subissent depuis la propagation du coronavirus et de l’adoption du mode d’enseignement par répartition de groupes. «Nous travaillons 50 heures/semaine au lieu de la durée légale de travail fixée à 40 heures par semaine dans l’Ordonnance 03/06.
Il y a lieu de rappeler qu’outre, les corps communs et directeurs des lycées, le personnel enseignant exige une augmentation conséquente du point indiciaire, d’instituer des primes et de protéger le pouvoir d’achat en mettant en place un Observatoire national du pouvoir d’achat et de l’indice de la cherté de la vie.
Cet observatoire est censé garantir un équilibre du pouvoir d’achat et préserver la dignité des salariés. <