La situation épidémiologique en Algérie est de plus en plus inquiétante à en croire les nouvelles révélations de responsables du secteur de la santé. Les appels à la vigilance et à la vaccination contre la covid se multiplient face aux craintes d’une recrudescence des cas de contamination au coronavirus.

Par Sihem Bounabi
Le Pr Lyes Rahal, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du coronavirus, a réitéré son appel aux Algériens pour se faire vacciner afin de «sauver des vies en évitant les formes graves de la maladies et ainsi éviter la saturation des hôpitaux et les services de réanimation».
Concernant la situation épidémiologique actuelle, le Pr Lyes Rahal a affirmé que «la situation n’est pas rassurante à cause notamment de l’augmentation du nombre de patients hospitalisés», précisant à ce sujet «qu’à ce jour, 2 700 patients Covid-19 sont hospitalisés, un chiffre qui n’est pas rassurant». Afin de pouvoir baisser ces chiffres, il insiste sur l’accélération de la vaccination. Ceci dit, l’invité de la Radio confirme que le nouveau variant Omicron n’a pas encore fait son apparition en Algérie. Concernant, Omicron, le membre du comité scientifique dément la présence de ce nouveau variant en Algérie, affirmant que «le laboratoire de l’Institut Pasteur d’Algérie, le seul habilité à détecter par séquençage les nouveaux variants de la Covid, n’a enregistré pour le moment aucune contamination».
Toutefois, il tient à alerter : «Cela ne nous empêche pas d’appeler les citoyens à la vigilance et à la vaccination, car le variant le plus virulent et meurtrier actuellement est Delta.»
Abordant le bilan des mesures prises par l’Algérie dans la lutte contre le coronavirus depuis son apparition, l’intervenant sur les ondes de la Radio nationale estime qu’elles ont été «efficaces, importantes et ont fortement contribué à endiguer la propagation du virus». Il souligne ainsi le fait que l’acquisition des vaccins au début de la crise constituait un grand défi si l’on prend en considération la pression de plus de 189 pays déclarant que la «volonté politique annoncée par le Président de la République était un grand soutien pour relever le défi» ; rappelant qu’à ce jour 26 millions de doses ont été reçues.
Selon le Pr Lyes Rahal, dans ce sillage «l’Algérie a réussi à ouvrir l’usine Saidal à Constantine pour produire le vaccin Sinovac, ce qui nous rend fiers de ce que l’Etat algérien a fait». Il a également rappelé que parmi les mesures prises par l’Etat algérien, celui de garantir les moyens de protection qui après une tension au début de la pandémie sont, aujourd’hui, produits localement en quantité suffisante afin de répondre à la demande locale et peuvent être destinés à l’exportation
Concernant les dépistages, il a rappelé qu’au début de la pandémie, l’Algérie disposait de seulement un laboratoire de dépistages au niveau de l’Institut Pasteur et, face à la forte demande, elle a ouvert en moins de deux ans, 140 laboratoires de dépistage dans le secteur public au niveau de tout le territoire national. Par ailleurs, il a tenu à rendre hommage aux professionnels de la santé en soulignant que «cette pandémie a levé le voile sur notre système de santé dont la force pour affronter la pandémie est dans les ressources humaines et non dans les infrastructures».
Toutefois, il a tenu à mettre en exergue qu’afin d’offrir les meilleures conditions de travail au personnel de la santé plusieurs projets sont en cours et verront le jour dès le début de l’année prochaine.
Il s’agit notamment de mettre en place des hôpitaux de référence et de haute qualité spécialisés dans les urgences chirurgicales au niveau d’Alger, d’Oran et d’Annaba.

Faire mieux pour la prise en charge des cancéreux
Concernant la situation problématique des cancéreux algériens, le professeur Lyes Rahal a rappelé qu’une commission a été installée au ministère de la Santé et rendra son rapport à la fin de ce mois de décembre, soulignant que son rôle est «de trouver des solutions aux problèmes des cancéreux notamment deux points essentiels, le premier concernant les accélérateurs de radiothérapie, même s’il y a 38 appareils, leur distribution au niveau des structures s’est révélée inefficace». Enchaînant que «maintenant cela va être distribué selon la densité des cancéreux par région». Il cite à titre d’exemple la région d’Alger, qui compte le plus fort taux national de cancéreux par rapport aux nombres d’habitants, avec deux accélérateurs, a beaucoup de mal à répondre à la demande. Afin de corriger cette situation, le ministère de la Santé a prévu l’installation de deux accélérateurs, l’un à l’hôpital de Beni Messous et l’autre à l’hôpital Rouïba. Concernant la disponibilité des médicaments pour le suivi thérapeutique des malades atteints de cancer, le Pr Lyes Rahal a annoncé une enveloppe budgétaire, puisée de la Caisse nationale de cancer, afin d’alléger la charge financière sur les services hospitaliers chargés de la prise en charge des traitements des malades. <