Plusieurs banques à capitaux privés notamment n’ont pas pu répondre dans les délais aux obligations d’augmenter leur capital à 20 milliards de dinars avant la fin 2020. Raison pour laquelle, la Banque d’Algérie prolonge le délai jusqu’à fin juin 2021 pour donner plus de temps aux banques de la place. Cette non-conformité au règlement de l’autorité monétaire renseigne, en tout état de cause, de la difficulté à dégager un cash-flow, sur fond de panne économique et de baisse des liquidités.

La Banque d’Algérie vient de prolonger le délai appliqué à l’augmentation du capital des banques et des établissements financiers activant sur la place d’Alger. La banque centrale avait appelé les établissements bancaires à augmenter leur capital social à 20 milliards de dinars avant la fin 2020 sous peine de se voir infliger des sanctions. C’est la deuxième fois consécutive que les banques de la place sont soumises à un tel exercice. Les banques ont été obligées d’augmenter leur capital social à 15 milliards de dinars en 2019. Cette année-là, la conformité des établissements bancaires et financiers au règlement de la banque centrale était parfaite et l’obligation du capital s’est faite sans couacs. Cependant, la conformité au second appel de la Banque d’Algérie a été pour le moins mitigé, puisque nombreuses sont les banques qui n’ont pas pu y répondre. Ce pourquoi, la banque centrale reconduit sa mesure et prolonge le délai jusqu’à fin juin 2021. Le dernier règlement publié au Journal officiel a pour objet de modifier et de compléter le règlement du 4 novembre 2018 relatif au capital minimum des banques et des établissements financiers exerçant en Algérie. L’alinéa 1er de l’article 4 dudit règlement relatif au capital minimum des banques et des établissements financiers exerçant en Algérie est modifié et complété pour donner plus de temps aux banques de la place aux fins de se conformer aux obligations de la banque centrale. «Les banques et les établissements financiers en activité sont tenus de se conformer aux dispositions du présent règlement, au plus tard, le 30 juin 2021», lit-on dans le règlement de la Banque d’Algérie, publié dans la dernière édition du Journal officiel. Selon nos sources, plusieurs banques à capitaux privés n’ont pas pu répondre dans les délais aux obligations de la banque centrale d’augmenter leur capital à 20 milliards de dinars. Certaines ont estimé que le délai qui leur a été accordé pour procéder à cette augmentation de capital était insuffisant, étant donné qu’il s’agit d’un deuxième appel consécutif en un laps de temps de deux années seulement. Cependant, cette non-conformité de certaines banques au règlement de l’autorité monétaire renseigne de la difficulté à dégager un cash-flow, sur fond de panne économique et de baisse des liquidités. Cette situation est due également aux mesures de restriction des importations ; un créneau juteux qui permettait aux banques d’investir dans le commerce extérieur à moindre risque, alors que le retour sur investissement est garanti dans des délais court, contrairement aux financements accordés aux entreprises, dont l’engagement est de long terme. Le ralentissement économique de ces deux dernières années s’est traduit par une chute des affaires traitées par les banques et des bénéfices, ce qui fait que certaines d’entre elles peinent à dégager des marges susceptibles d’être réinjectées dans le capital social. Face à cette situation, la banque centrale s’était retrouvée dans l’obligation de proroger de six mois le délai appliqué aux banques afin de se conformer à l’obligation d’augmenter le capital qui leur ai faite. Quoi qu’il en soit, cette situation de défaut de conformité est un signal on ne peut plus clair d’une situation de marasme dans laquelle se débat le secteur bancaire. La liquidité globale des banques a connu une chute vertigineuse durant 2020, en témoignent les dernières situations mensuelles publiées par la Banque d’Algérie pour les mois de septembres, octobre et novembre. En effet, la liquidité globale des banques est repassée au-dessous de 500 milliards de dinars en septembre et à moins de 700 milliards de dinars en novembre. Plus précisément, la liquidité bancaire a chuté à 476 milliards de dinars en septembre avant de remonter légèrement en novembre pour s’établir à 612 milliards de dinars, lit-on dans les situations de la banque d’Algérie pour le troisième trimestre de 2020. Cette situation met le gouvernement devant l’obligation de quêter d’autres sources pour pouvoir financer la croissance. n