PAR NAZIM B.
Le président Tebboune a reçu, hier, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Salim Labatcha, pour un échange qui, au-delà de l’adhésion exprimée par le patron de la centrale syndicale à l’initiative du «rassemblement» lancée par le chef de l’Etat, a été une occasion pour les deux parties d’aborder les questions socio-économiques qui agitent le monde du travail, notamment en ce qui concerne le pouvoir d’achat des travailleurs, la politique salariale et la lancinante question de révision des subventions publiques.
Dans le volet des salaires, le secrétaire général de l’UGTA a fait part, au sortir de l’audience, de la «disponibilité» du chef de l’Etat à procéder à «de nouvelles augmentations» des salaires dès le début de l’année prochaine, se félicitant de cette option de «révision graduelle» de la politique salariale dans la Fonction publique.
Sur un autre registre, M. Labatcha s’est montré rassuré de ses échanges avec le président Tebboune à propos de la révision des subventions publiques dont l’installation de la commission nationale dédiée à cette refonte a été reportée alors qu’elle devait avoir lieu jeudi dernier. «Le Président nous a assuré que la dimension sociale de l’Etat algérien est irréversible. Par contre, il y aura une révision dans la politique de subventions», a-t-il indiqué, ajoutant que «cette refonte sera favorable aux citoyens de couches moyennes et précaires». Le chef de l’Etat a fait état, fin avril, d’un projet de la révision des subventions publiques en vue de passer de subventions généralisées vers des subventions orientées aux véritables bénéficiaires, et ce, avec l’association de l’ensemble des parties prenantes.
Annonçant, par la même occasion, la «levée, d’ici la fin de l’année, des subventions sur certains produits dans le cadre d’un mécanisme national», le Chef de l’Etat a assuré que le Gouvernement ne prendra aucune décision de manière unilatérale. Il a souligné, à cet égard, que les dépenses budgétaires feront l’objet d’une «révision structurelle», affirmant que «les subventions au profit des classes vulnérables et moyennes étaient irréversibles, en ce sens qu’elles représentent l’un des principes de l’Algérie indépendante, consacré dans la déclaration du 1er Novembre». Pour lui, il s’agit seulement «d’orienter les subventions au profit des véritables bénéficiaires».
Cependant, l’option de révision des subventions publiques ne passe pas chez les partis politiques de l’opposition comme le FFS, qui a estimé qu’il «n’est pas judicieux ni urgent» de recourir «à une révision anarchique du système de soutien des produits et services de large consommation», plaidant pour «l’élaboration consensuelle d’un nouveau modèle économique».
De son côté, le PT de Louisa Hanoune a indiqué récemment que s’il a décidé d’aller à l’installation de la commission nationale de révision des subventions publiques, c’est pour exprimer sa position, connue de tous, à savoir le maintien des subventions de l’Etat aux produits et services de large consommation et des transferts sociaux, car ils font partie des principaux fondements de l’Etat social, produit de la Révolution de novembre 1954 et du sacrifice de 1,5 million de martyrs». Le PT a tenu également à
rappeler son «opposition à toute remise en cause d’un des principaux acquis de l’indépendance nationale qui a permis au
pays des avancées considérables dans la lutte contre la pauvreté par l’amélioration du pouvoir d’achat, des services publics et plus généralement du progrès socio-économique». <