Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Youcef Chorfa, a donné plus de détails, hier, sur les augmentations de salaires, des pensions de retraite et de l’allocation chômage, soulignant que ces augmentations visent à «permettre au citoyen de faire face à l’évolution du pouvoir d’achat.»

Par Sihem Bounabi
S’exprimant sur les ondes de la radio chaîne 3, le ministre a précisé que ces augmentations vont concerner plus sept millions d’Algériens. Youcef Chorfa a ainsi détaillé qu’«en ce qui concerne les salaires, c’est 2,8 millions de fonctionnaires qui vont bénéficier des augmentations dont 90% sont des fonctionnaires et 10% des contractuels».
Il a expliqué que ces augmentations vont également s’étaler sur l’année 2024. Pour l’année 2023 en cours, c’est 50% de l’augmentation des 150 points indiciaires et pour l’année prochaine, c’est les 50% restants.
Le ministre du Travail a tenu à illustrer l’impact de ces augmentations des points indiciaires sur les salaires en citant notamment le cas d’un ouvrier professionnel de catégorie 1, en affirmant qu’«il bénéficiera pour les deux années d’une augmentation de 9.550 dinars. La première augmentation pour l’année 2023 s’élèvera à 4.470 dinars.». Il cite également l’exemple d’un travailleur qui touche 30.000 dinars actuellement, en soulignant que «sur les deux années, son salaire sera porté à plus de 39.000 dinars. C’est une augmentation de pratiquement 33%, rien que sur les deux années, sans compter les augmentations précédentes».
Youcef Chorfa a aussi donné l’exemple des enseignants en précisant que «sur les deux années, il va avoir une augmentation de 13.450 dinars. Annuellement, il va avoir dans les 6.730 dinars».
Le ministre a tenu à rappeler les augmentations des salaires de deux dernières années, notamment l’augmentation du salaire minimum qui est passé de 18.000 dinars à 20.000 dinars en 2020. Il a également cité l’exonération de l’IRG (Impôt sur le revenu global) de tous les salaires de moins de 30.000 dinars en janvier 2021 et en mars 2022, la révision du barème de l’IRG pour l’ensemble des salaires et l’augmentation de 50 points indiciaires.
Dès lors avec le cumul des augmentations de ces trois dernières années, le ministre estime que cela contribuera à une augmentation de 47 à 50% d’ici 2024.
Le ministre a en outre souligné que l’incidence financière des dernières augmentations des salaires est de 340 milliards de DA 2023. Pour les deux années 2023 et 2024, elle sera de 681 milliards de DA et avec celle de 2022, l’incidence financière sera au total de 900 milliards de DA.
En outre, sur une question par rapport l’augmentation des salaires dans le secteur privé, Youcef Chorfa a répondu qu’il faut faire une distinction entre les salaires de la Fonction publique et les salaires du secteur économique en expliquant que «les salaires du secteur économique sont déterminés par les conventions collectives qui sont négociées entre l’employeur et le partenaire social».
Par ailleurs, concernant les augmentations des pensions de retraite, le ministre a annoncé que sur les 3,732 millions de retraité, 2,9 millions de retraités vont voir leurs pensions augmenter affirmant dans ce sillage qu’«il n’y aura plus de pension de retraite inférieure au salaire minimum (SNMG) et il n’y aura plus d’allocation de retraite en dessous de 15.000 dinars».
Il a ainsi expliqué que l’allocation de retraite concerne les travailleurs qui ont cotisé entre 7 et 15 ans, et la pension de retraite concerne les travailleurs qui ont cotisé entre 15 et 32 ans. Pour les retraités, le ministre a également donné des exemples pour illustrer les augmentations annoncées : «Celui qui touchait une allocation de retraite de 3.500 dinars va voir son allocation augmenter à 15.000 dinars, c’est pratiquement 300%. Celui qui touchait 15.000 dinars, va voir son allocation augmenter à 20.000 dinars», précisant que «ces augmentations de retraite varient de 5 à 33%, en dehors des petites retraites.»
Tous les retraités concernés
«Même les gens qui touchaient une retraite de 20.000 à 50.000 dinars vont avoir une augmentation qui varie de 2.000 à 4.000 dinars», a-t-il encore précisé, et d’ajouter : «C’est pour cela qu’on dit que toutes les pensions de retraite et les allocations de retraite sont concernées. Maintenant, il n’y aura plus une allocation de moins de 15.000 dinars et une pension de retraire de moins de 20.000 dinars».
Par la même occasion, le ministre de Travail s’est également penché sur l’allocation chômage attribuée au primo-demandeurs d’emploi. Selon lui, outre l’augmentation de l’allocation chômage qui va être de 15 000 DA à partir de ce mois de janvier, «plus de 300 000 bénéficiaires sont en formation.» «Ce sont des formations qualifiantes, qui durent de 3 à 6 mois. Ce qui les préparera au métier», a-t-il expliqué. «Nous ne nous sommes pas arrêtés sur l’attribution d’une allocation chômage. Cette politique constitue des projections sur l’emploi et l’employabilité, notamment à travers les conventions signées entre le ministère du Travail et celui de la Formation professionnelle», a indiqué M. Chorfa.
Interrogé sur un éventuel retour à la retraite proportionnelle, le ministre a indiqué que cette question «n’est pas dans notre programme», Il a rappelé, à ce propos, que la retraite proportionnelle a été «complètement gelée depuis 2016 et en 2020, il y a eu une modification de la loi pour ramener la retraite jusqu’à 65 ans à la demande du travailleur et à l’appréciation de l’employeur, tout en maintenant l’âge légal à la retraite à 60 ans».
Le ministre a, toutefois, ajouté que la retraite anticipée «existe toujours pour les entreprises en difficulté économique et financière et qui sont appelées à faire des compressions d’effectifs». Le ministre a également annoncé que la plateforme d’adhésion de la communauté algérienne à l’étranger au système de retraite sera mise en service à partir du mois de mars : «Toute notre communauté peut adhérer volontairement à partir d’une plate-forme électronique et s’inscrire au niveau de la CNR pour une cotisation de 31%.» <