Par Sihem Bounabi
A l’occasion de l’annonce du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avant-hier, lors de l’ouverture de la rencontre Gouvernement-Walis, que «l’augmentation des salaires modestes, de l’allocation chômage et la révision des pensions de retraite se poursuivront en 2023 et ce, dès janvier prochain», affirmant ainsi une augmentation des pensions de retraite à partir du début de l’année 2023, l’Organisation syndicale des retraités algériens (Osra) prend note et attend plus de précisions concernant les modalités de cette augmentation.
Bachir Hakem, membre de Osra déclare à ce sujet que «l’on prend note de l’annonce de cette augmentation, mais on reste prudents car il n’y a pas de précision à travers cette annonce d’augmentation». Enchaînant que «la question qui se pose : est-ce que ce sont des augmentations des pensions ou des augmentations par rapport à la revalorisation des pensions de retraite ?»
Bachir Hakem clarifie la légitimité de cette interrogation en précisant qu’ «il y a en fait une augmentation qui est la revalorisation des pensions de retraite annuelle, qui devait commencer à partir de mai 2022 et qui suit les revalorisations que l’on a eu suivant la loi. Ceci est un droit. Et là, on parle de l’augmentation du montant de la pension de retraite».
Il souligne ainsi qu’il est très important de faire la différence entre ces deux notions de revalorisation et d’augmentation des pensions de retraite d’autant plus que la précédente augmentation a été fixée suivant la revalorisation et a été jugée «insuffisante».
Ainsi, le représentant de la défense des droits des retraités estime que si cela concerne le droits de la revalorisation annuelle des pensions de retraites «on ne peut que prendre note et avoir une demie satisfaction suivant le taux de revalorisation» , Parce que le taux de revalorisations tel qu’il a été fait avant a été compris entre 2% et 10%. C’est vraiment insuffisant parce qu’au final, cette augmentation est autour de 1 000 DA. C’est pour cela que nous revendiquons une valorisation supérieure à 10 %».
D’un autre côté, il estime que l’augmentation annoncée concerne les pensions de retraite, il rappelle que «nous avons déjà à maintes reprises souligné que pour avoir une augmentation effective, il s’agit premièrement de fixer une pension minimale à au moins 60 000 DA pour ceux qui perçoivent moins de 30 000 DA et deuxièmement l’abrogation de l’IRG». Soulignant que«normalement, la pension d’un retraité ne doit pas être imposable car l’IRG et un impôt sur le revenu global et une pension de retraite n’est pas un revenu».
Bachir Hakem précise que «cette pension minimale de 60 000 DA équivaut à 2 000 DA par jour, soulignant que «c’est le strict minimum pour un retraité, afin de vivre décemment dans le contexte de cherté de la vie actuellement et la dégradation du pouvoir d’achat a cause d’une inflation galopante qui frôle les 10 %».
Tout en confiant que le souhait des retraités est que le président de la République fasse distinction entre revalorisation des pensions de retraite annuelle qui est un droit et l’augmentation des pensions de retraite. Bachir Hakem déclare que «pour réellement parler d’augmentations des pensions de retraite, à l’Osra nous revendiquons une revalorisation conséquente de plus de 10% pour tous les retraités et une pension de retraite minimale de 60 000 DA pour que réellement les retraités sortent de la précarité et puissent vivre dignement».
Par ailleurs, notre interlocuteur rappelle également une autre revendication de l’organisation de la défense des droits des retraités qui est l’unification des caisses des retraites concernant l’indexation des pensions. Il souligne à ce sujet que «c’est injuste et ce n’est pas normale qu’un directeur d’établissement, sorti à la retraite dans les années 1970, touche une pension dont le montant est inférieur à un simple agent qui sort en retraite en 2022, simplement parce que les pensions versées par la Caisse nationale des retraites ne sont pas indexées, à l’instar des pensions versées par le Fond spécial des retraites (FSR).»
Soulignant que les affiliés au Fonds spécial des retraités, qui concerne notamment les ministres, la pension de retraite évolue suivant les années, en étant indexée à l’évolution des salaires. De ce fait, un ministre sorti en retraite dans les années soixante-dix aura le même salaire que celui qui est sorti en retraite en 2022.
Insistant sur le fait que pour corriger ce problème, il faudrait unifier les caisses de retraites, soit la CNR, la FSR et la Caisse militaire des retraites pour que tous les retraités algériens aient les même droits en tant que citoyens à part entière».
Il relève également une autre injustice face aux versements des pensions des retraités en soulignant que dans le fonds spécial des retraites consacré notamment aux versements des pensions des ministres, «il suffit de travailler cinq années pour avoir une retraite à 100%. Une injustice par rapport à la CNR où pour avoir une retraite de 80% , il faut travailler au minimum 32 ans»
Pour rappel, selon Osra, sur 3 millions et demi de retraités affiliés à la CNR, plus de 2 millions touchent moins de 30 000 DA et près d’un million touche moins de 50 000 DA. Un million et demi de retraités dont l’allocation est inférieure à 15 000 dinars, ont bénéficié au cours du mois de mai dernier d’une augmentation de 10% de leur pension de retraite. n