Par Feriel Nourine
Le renforcement du partenariat énergétique entre l’Algérie et l’Italie est en train de prendre toute sa dimension sur le terrain, à travers, entre autres, l’augmentation des volumes de gaz livrés par Sonatrach à ENI, son partenaire dans la gestion du gazoduc Transmed qui relie les deux pays.
Dans cette dynamique, la compagnie nationale d’hydrocarbures compte relever ses livraisons à plus de 25 milliards de m3 d’ici la fin de l’année, indique un communiqué du ministère de l’Energie et des Mines. Rappelant que ces augmentations s’inscrivent dans le cadre de l’accord, signé en juillet dernier, entre Sonatrach et ENI, suite aux dernières rencontres entre les présidents algérien, Abdelmadjid Tebboune, et italien Sergio Mattarella et le président du Conseil des ministres d’Italie, Mario Draghi, qui ont scellé le partenariat énergétique entre les deux pays. La même source souligne qu’avec 17,8 milliards de m3 de gaz livrés à ce jour, l’Algérie «honore ses engagements avec l’Italie».
Elle consolide aussi sa position de premier fournisseur en gaz pour le marché italien, qui «va encore recevoir 10 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires dans les prochains mois», soutient-elle à ce propos.
Grâce aux augmentations de production de gaz, et aux dernières découvertes de Sonatrach, l’Algérie «renforcera encore sa position de premier fournisseur de gaz de l’Italie, comme, il a été décidé par les deux Présidents», rassure encore le ministère. Dans le même ordre d’idées, le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, a annoncé, lui aussi, des livraisons supplémentaires de gaz vers l’Italie. «Les perspectives d’approvisionnement du marché italien mais aussi des marchés connectés à l’Italie sont prometteuses», a-t-il déclaré à l’agence Bloomberg, ajoutant que des volumes supplémentaires devraient être contractés «au cours des prochaines semaines».
Pour 2022, le volume de gaz pompé vers l’Italie dans le cadre de contrats à long terme sera d’environ 21,6 milliards de mètres cubes cette année, tandis que le volume vendu dans le cadre de transactions au comptant devrait totaliser 3,6 milliards de mètres cubes, a clarifié le même responsable. «Sonatrach rassure ses clients italiens sur sa capacité à fournir les volumes contractuels sur toute la durée du contrat», a-t-il insisté.
Le communiqué du ministère de l’Energie et des Mines et les déclarations du PDG interviennent après la sortie récente d’ENI, à travers laquelle la compagnie italienne a rassuré sur le respect par Sonatrach de son engagement à livrer des volumes supplémentaires de gaz.
Réagissant à des rumeurs colportées par le site Algérie-Part à propos de difficultés que rencontre le groupe énergétique national à assurer les suppléments promis par l’Algérie à l’Italie, ENI a écarté cette version, assurant que les approvisionnements étaient, au contraire, assurés, comme convenu entre les deux partenaires.
«Au cours de la dernière semaine, depuis l’Algérie via le Transmed, une moyenne de 70 millions de mètres cubes par jour est arrivée en Italie, ce qui représente environ 36% des approvisionnements totaux et plus de trois fois le débit qui sont arrivés de Russie à la même période», a souligné ENI, cité par l’agence ANSA.
Mieux, «ces niveaux de flux en provenance d’Algérie au cours du mois de septembre n’ont jamais été enregistrés ces dernières années», a précisé la même source, soutenant que ces approvisionnements «constituent une étape importante vers l’indépendance énergétique de notre pays», et que ces derniers mois «l’Algérie est devenu le principal fournisseur de gaz à l’Italie».
Importateur de 95% du gaz qu’elle consomme, l’Italie est classée parmi les pays européens les plus dépendants du gaz russe.
Mais à l’inverse de la majorité de ces pays, qui cherchent à se délester de cette dépendance, l’Italie n’a pas tardé à trouver chez l’Algérie le partenaire idéal en cette période de crise énergétique qui secoue l’Europe.
L’accord signé en avril pourvoit un relèvement des exportations de gaz algérien vers l’Italie de l’ordre de 9 milliards de mètres cubes par an. Le contrat de vente de gaz entre les deux pays a été renouvelé en mai 2019 pour une durée de huit
ans jusqu’en 2027, en plus de deux années optionnelles supplémentaires. Partenaire historique de
Sonatrach, ENI a constamment soigné sa position en Algérie pour devenir l’un des groupes les plus en vue du secteur énergétique dans notre pays. <