Le projet d’augmentation de la production des champs gaziers de Tinrhert, dans la wilaya d’Illizi, est en bonne voie et ne devrait pas tarder à démarrer, indique Petrofac, partenaire de Sonatrach.

Par Feriel Nourine
«Une étape majeure dans la réalisation du projet de développement du champ gazier Tinrhert de Sonatrach avec l’introduction du gaz pour le démarrage de la production», a fait savoir la société britannique d’ingénierie en hydrocarbures, dans un communiqué rendu public hier.
Une fois terminé, le projet augmentera les capacités de production de gaz naturel pour les marchés locaux et l’exportation, renforçant le développement économique dans le pays», a souligné la même source.
L’introduction du gaz est «une étape importante dans la mise en marche du projet», a soutenu, le directeur de Petrofac en Algérie, Manish Bhojwani, expliquant que «les équipes se concentrent actuellement sur le démarrage entier de la plateforme tout en assurant un achèvement sécurisé».
Avec le renforcement de la production gazière des champs gaziers de Tinhert, c’est une autre opportunité qui se présente à l’Algérie pour renforcer davantage sa position sur le marché gazier où la quête d’alternatives au gaz russe engendrée par la guerre en Ukraine fait du 7e fournisseur mondial qu’est Sonatrach un groupe de plus en plus sollicité pour soit augmenter ses livraisons pour ses clients traditionnels, soit fournir du gaz à de nouveaux clients. En même temps, plus de gaz produit par les gisements du sud algérien signifie plus de manœuvres pour les pouvoirs publics dans la gestion d’une demande nationale qui explose.
Pour rappel, le contrat relatif à ce projet a été signé fin 2018 entre la filiale de Sonatrach ENGCB (société nationale de génie civil et bâtiment) et Petrofac. Le document porte sur la réalisation d’un centre de séparation et de compression et sur les utilités en amont du complexe gazier existant pour le raccordement de 36 puits des champs gaziers du Nord.
L’objectif de ce projet est d’augmenter la production gazière avec un apport journalier de gaz brut de l’ordre de 4,7 millions de m3/jour.
Il vise également le traitement de la totalité du gaz brut de l’usine de Ohanet à travers la prise en charge du CO2 et du mercure ainsi que la production de 750 tonnes/jour de condensat. Le début de la production avait été annoncé pour décembre 2023, lors de la cérémonie de signature du contrat, le 27 novembre 2018. Mettant en avant l’apport de ce projet aux efforts de Sonatrach pour renforcer son taux d’intégration à l’horizon 2030, les responsables de l’ENGCB avaient alors souligné que cette opération était un «challenge» et qu’il y avait un engagement de toutes les parties pour réaliser ce projet dans les délais, voire même «bien avant».
En attendant de voir le projet de Tinhert entrer en production effective, Sonatrach est en train d’étoffer son palmarès de découvertes gazières, et d’augmenter sensiblement ses réserves en cette énergie. Deux nouvelles opérations du genre ont été annoncées par la compagnie lundi. Elles ont été réalisées en effort propre, alors qu’une troisième a porté sur le pétrole à travers un partenariat avec le groupe italien Eni.
Fin juin, le groupe pétro-gazier national avait annoncé une importante découverte de gaz à condensat dans le périmètre de Hassi R’Mel. «L’évaluation préliminaire de ce potentiel a montré un volume qui varie entre 100 et 340 milliards de m3 de gaz à condensat», avait ajouté la même source, précisant que «ces volumes constituent l’une des plus grandes réévaluations des réserves des 20 dernières années ».
Une semaine plus tard, le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, a fait savoir que la production du gaz découvert à Hassi R’mel débutera dès septembre prochain, grâce notamment aux installations déjà existantes.
«Nous pourrons obtenir la première production en septembre après six mois de la découverte du gisement, ce qui n’est jamais arrivé en Algérie», a indiqué M. Hakkar, soulignant « l’importance du temps réduit pour la production des premières quantités de gaz au niveau des nouveaux gisements grâce aux installations et aux puits existants, permettant de produire plus de 10 millions de m3/jour». n