Après des mois de galère et d’incertitude, et ne sachant plus à quel saint se vouer en dépit de leurs nombreux appels de détresse, faute de ne plus pouvoir assurer l’aliment nécessaire et indispensable à leur cheptel, les éleveurs d’ovins et de bovins sont-ils enfin au bout de leur peine ? Cela pourrait être le cas si les mesures décidées en leur faveur par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural venaient à être exécutées sur le terrain dans l’immédiat. Dans le cas contraire, les éleveurs avertissent que le prix de la viande rouge pourrait connaître des hausses sensibles sur les étals du commerce du détail.
En effet, le ministère de l’Agriculture a annoncé, dans un communiqué  rendu public  hier, mercredi, l’augmentation de la ration d’orge subventionnée pour le mois de février en cours, afin de permettre aux éleveurs d’ovins, de camelins et d’équidés de disposer de quantités plus importantes en aliment du bétail. On lit ainsi que la ration d’orge octroyée au cheptel ovin, qui est actuellement de  300 g, passe à 1 kg/jour/brebis, alors que la ration journalière du cheptel camelin passera de 2 kg/jour/chamelle à 4 kg, et celle du cheptel équin, qui est actuellement 2 kg, passera à 4 kg/jour/tête. A propos de la distribution des quantités supplémentaires d’orge, elle se fera sur la base d’une liste des éleveurs, établie par les commissions locales selon les procédures en vigueur, souligne la même source. Un dispositif qui vise à couper l’herbe à la spéculation. Quant aux prix administrés de l’orge, il sera de 2 000 DA/q contre 1 500 D/q, compte tenu de la hausse des cours d’orge sur le marché international, soit 4 000 DA/q.
Pour l’heure, les éleveurs estiment que les décisions prises par le ministère de tutelle à leur égard sont plus qu’encourageantes.  C’est d’ailleurs ce que confirme le président de la Fédération nationale des éleveurs d’ovins Djilali Azzaoui, contacté hier par Reporters.   Comme il le soutient, ces nouvelles dispositions étaient fort attendues au sein de la grande famille des éleveurs d’ovins et  de bovins. « La situation que nous traversons depuis quelque mois, notamment ces dernières semaines, devient de plus en plus intenable pour l’ensemble des acteurs des deux filières ». A ce titre, il atteste qu’« une grande majorité d’éleveurs se sont retrouvés dans l’incapacité de s’approvisionner en orge et en son, tant leur prix ont connu une ascension rapide et exorbitante. Pis encore, introuvable depuis que les fournisseurs ont baissé rideau de crainte de se voir accusés de pratique spéculative».
Toujours dans ce même sillage, il fait remarquer : «  Quand les parcours pastoraux sont vêtus d’une couverture végétale minime, l’orge et le son sont des compléments alimentaires  nécessaires pour une bonne conduite d’élevage et, par ricochet, les béliers s’écoulent facilement et à bon prix pour l’éleveur. Mais quand la couverture végétale vient drastiquement à manquer, le son et l’orge quittent leur statut  de complément alimentaire pour le bétail pour devenir indispensables. En clair, les éleveurs n’ont d’autre choix que de se rabattre sur ces aliments et de s’adapter donc aux fluctuations à la hausse de leur prix au quintal.
Cependant, depuis que les tarifs ont atteint des cimes inimaginables, à savoir 7 000 DA le quintal d’orge et 5 000 DA le quintal de son, cela devenait de plus en plus impossible de s’approvisionner et, quand c’est le cas, c’est par de très maigres quantités. Et de conclure : «  C’est pourquoi les éleveurs espéraient avec beaucoup d’impatience que les pouvoirs publics, entre autres le ministère de l’Agriculture, interviendraient afin non seulement de disposer de quantités plus importantes en aliments mais à des prix qui conviennent aux éleveurs.
Interrogé enfin sur la cherté de la viande rouge, Djilali Azzaoui indique : « Elle résulte de la cherté de l’aliment, non sans avertir que si les mesures prises par le ministère de l’Agriculture venaient à ne pas être exécutées dans l’immédiat, le marché de la viande rouge pourrait s’envoler.» n