Le président du Rassemblement pour la Culture et la démocratie (RCD), Mohcine Belabbas, a été mis sous contrôle judiciaire par le juge d’instruction de la première chambre près le Tribunal d’Hussein-Dey qui l’a auditionné dans la matinée.

PAR NAZIM BRAHIMI
Le chef du RCD a indiqué dimanche avoir reçu une convocation du même tribunal sans donner le motif de la convocation. «Je viens de recevoir une convocation pour une audition devant le juge d’instruction de la première chambre du Tribunal d’Hussein-Dey pour demain à 9 heures du matin», a écrit M. Belabbas. L’audition du président du RCD par le juge intervient deux jours après que le parti ait reçu une mise en demeure du ministère de l’Intérieur lui demandant de cesser d’organiser des réunions politiques non autorisées dans son siège. Il convient de souligner que le leader du RCD Mohcine Belabbas est, également, poursuivi dans une affaire de droit commun conséquemment au décès accidentel d’un ouvrier étranger sur le chantier d’une maison qu’il construit dans un quartier algérois, selon le parquet d’Alger.
Par ailleurs, le verdict prononcé dimanche par le Tribunal de Bab El Oued contre le coordinateur du Mouvement démocratique et social (MDS), Fethi Gheras, de deux ans de prison ferme, continue de susciter la désapprobation des partis de l’opposition démocratique. Pour le Front des forces socialistes (FFS), la peine retenue contre le leader du MDS est une «escalade dangereuse» de la part des autorités, relevant que le verdict intervient dans un contexte où «la situation des libertés en Algérie est en dégradation».
«Parallèlement à cette décision, le FFS a récemment observé une terrible dégradation du climat des libertés individuelles et collectives dans le pays et un recours croissant et systématique des autorités à la criminalisation de l’action politique et à sa déformation dans une stratégie autoritaire multiforme dont les signes sont l’escalade du harcèlement», peut-on lire dans le communiqué du FFS.
Pour ce dernier, «les restrictions et les provocations sécuritaires et judiciaires et même administratives contre les organisations politiques, syndicales et associatives, ainsi que divers militants des droits humains et journalistes, dans le but de faire taire toute voix opposante qui ne se conforme pas à la vision unilatérale du pouvoir». Le plus vieux parti de l’opposition considère que «la répression et l’adoption continue de l’approche sécuritaire par l’autorité dans le traitement des affaires politiques et publiques ne peuvent qu’exacerber la situation et la crise politique multidimensionnelle que traverse le pays ainsi qu’à alimenter toutes les tendances extrémistes». Le FFS a plaidé pour «la cessation immédiate de ces pratiques oppressives et arbitraires et renouvelle sa solidarité absolue avec tous les prisonniers d’opinion et toutes les organisations politiques, associatives ou syndicales, victimes de ces politiques».
Pour sa part, Zoubida Assoul, présidente du l’Union pour le changement et le progrès (UCP), a déclaré que «la condamnation de Fethi Ghares à 2 ans de prison ferme est une preuve de l’instrumentalisation de la justice par le pouvoir politique pour casser l’opposition, mais aussi un signe de la fragilité du système en place». De son côté, le vice-président de Jil Jadid, Zoheir Rouis, a considéré que «Fethi Gherras est un militant politique, président d’un parti politique légal. Sa place n’est pas en prison», ajoutant que «sa condamnation n’est pas digne du combat pour les libertés et l’Etat de droit auquel on aspire».