L’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, a comparu, à nouveau, hier, devant le juge enquêteur près la Cour suprême. A l’issue de cette seconde audition, le juge enquêteur a décidé de placer l’ancien ministre des Travaux publics et des transports sous contrôle judiciaire.

Abdelghani Zaâlane a été entendu, hier, dans l’affaire de Mahieddine Tahkout, actuellement en détention provisoire à la prison d’El Harrach. C’est la deuxième fois que le juge enquêteur près la Cour suprême décide de placer l’ex-ministre des Travaux publics et des Transports sous contrôle judiciaire. En juin dernier, Abdelghani Zaâlane ainsi que d’autres anciens ministres, dont Amar Tou, qui avait occupé les mêmes fonctions par le passé, et Karim Djoudi, ancien ministre des Finances, ont été placés sous contrôle judiciaire à l’issue de leur audition par le juge enquêteur près la plus haute juridiction.
Dimanche, l’ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, a comparu également devant le juge d’instruction près le tribunal de Chéraga à Alger. Dans cette affaire, plusieurs anciens responsables de l’Etat, dont l’ex-directeur général de la sureté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel, deux anciens ministres ainsi que des membres de leurs familles sont présumés impliqués. Selon un communiqué du procureur de la République près tribunal de Chéraga, l’audition des mis en cause a donné lieu à la mise en détention de l’ancien DGSN, tandis que le dossier de deux anciens ministres a été transmis au procureur général près la Cour de Tipasa. Ils sont présumés impliqués dans une affaire de saisie de grandes sommes d’argent de source suspecte, à l’intérieur d’un logement à Moretti dans la commune de Staoueli (Alger).

Scandale à Moretti : Hamel, Zaâlane et El Ghazi cités dans une nouvelle affaire
« Un montant de 113 439 200 DA, une somme de 270 000 Euros, une autre somme de 30 000 UDS ainsi que près de 17 kg de bijoux », ont été saisis à l’intérieur du logement en question, lit-on dans le communiqué du procureur de la République près le tribunal de Chéraga.
Les investigations préliminaires entamées sous la supervision du parquet de la République ont permis d’identifier des personnes ayant commis des faits punis par la loi, a ajouté la même source, précisant qu’il s’agit de « l’exploitation par certaines parties de l’influence des cadres de l’Etat en vue d’obtenir d’indues sommes d’argent en contrepartie des services rendus par ces fonctionnaires et cadres qui émettaient des décisions profitant à ces parties». Après enquête préliminaire et audition des parties comparantes, le procureur de la République près le tribunal de Cheraga a instruit une enquête à l’encontre de plusieurs personnes. Tous les individus cités dans cette affaire ont été placés en détention provisoire en attendant l’issue de l’enquête. Ils devront répondre des chefs d’accusation de «violation de la réglementation et du règlement relatif au change et au mouvement des capitaux de et vers l’étranger», «blanchiment d’argent dans le cadre d’un groupe criminel organisé», «abus de fonction» et «trafic d’influence». Cependant, le dossier des procédures des deux anciens hauts cadres, Abdelghani Zaâlane et El Ghazi Mohamed, a été transmis au procureur général près la cour de Tipasa dans le cadre des procédures de privilèges de juridiction, en application des « dispositions de l’article 573 du Code de procédure pénale », indique le même communiqué du procureur de la République près le tribunal de Chéraga. Par ailleurs, « une copie du dossier du suspect Talbi Ali, membre du Conseil de la nation, jouissant de l’immunité parlementaire, a été transmis au Procureur général près la cour de Tipasa, en vue de prendre les mesures appropriées », conclut la même source.