Par Lyes Sakhi
Les programmes de la chaîne privée sont interrompus pendant une semaine après une décision du Ministère de la Communication qui a été saisi par l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) sur le caractère «injurieux» et attentatoire aux symboles nationaux de l’entretien réalisé par le patron de la chaîne avec l’ancien parlementaire Noureddine Aït-Hamouda.
Les programmes de la chaîne de télévision privée Al-Hayat sont suspendus pour une semaine à compter du mercredi 23 juin 2021 et jusqu’au 29 du même mois. Leur interdiction a été prise hier par le ministère de la Communication à titre de sanction temporaire et d’avertissement après l’entretien réalisé par le patron de la chaîne, le journaliste Hannachi Habet, avec l’ancien parlementaire Noureddine Ait-Hamouda. L’ex-député RCD a eu des déclarations accusatoires sur l’Emir Abdelkader, des propos qui ont déclenché à la diffusion de l’interview, vendredi dernier en soirée, une avalanche de polémiques sur les réseaux sociaux, notamment et ont fait réagir le ministère des Moudjahidine. La famille de l’Emir a déclaré porter plainte contre M. Aït-Hamouda.
La suspension de la chaîne Al-Hayat pendant une semaine a été décidée par le ministère de la Communication sur l’initiative de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) de convoquer son directeur Hannachi Habet, hier, puis de lui signifier que son média est l’objet d’une sanction d’arrêt d’une semaine. La convocation du directeur de la chaîne par l’ARAV a été publiée samedi dernier pour une «mise au point» sur les déclarations de Noureddine Aït Hamouda lors d’une émission diffusée vendredi. Cette convocation, expliquait l’agent régulateur du paysage audiovisuel algérien, est intervenue «après les réactions nationales exprimées suite aux déclarations injurieuses et à l’atteinte aux symboles nationaux».
M. Aït Hamouda, fils du colonel Amirouche, héros de la guerre d’indépendance, qui n’a pas épargné non plus l’ancien président Houari Boumediene, a déclaré à propos de l’Emir Abdelkader que «tous les auteurs français le qualifient d’ami de la France. Tout le monde sait que l’Emir Abdelkader s’est rendu à la France. Tous ses enfants, ses petits-enfants et sa veuve ont reçu des pensions de la part de l’Etat français. Lui-même a reçu la légion d’Honneur de la part de l’Etat français. Tout cela suffit amplement pour savoir que l’Emir Abdelkader est un traitre», a-t-il dit.
En ce qui concerne l’ancien président Boumediene, l’ancien député avait dit à son intervieweur que «s’il y a un mot plus fort que traitre, donne-le-moi, car Houari Boumediene est pire qu’un traitre, je ne trouve pas les mots pour le qualifier». n