Omar Hasnaoui, directeur général du Groupe des sociétés Hasnaoui et président de la filiale Hasnaoui Télécom Algérie (HTA)a tenu une conférence de presse vendredi à Oran au cours de laquelle il a pu affirmer les ambitions de son groupe à déployer ses solutions de télévision IP(IPTV), soit la télévision par câble, à travers le territoire national.

Cependant, l’indécision des pouvoirs publics quant à l’ouverture du marché aux opérateurs privés pour l’exploitation des services supplémentaires que peut offrir l’ADSL ne permet pas le développement de la technologie. Explications.

 

Omar Hasnaoui ne cache pas sa fierté lors de la présentation de la promotion immobilière Erriad à l’est d’Oran. Sur les 45 hectares de la résidence sécurisée, 2 000 logements, des maisons individuelles, des aires de jeux aménagées, une école primaire, mais aussi l’absence remarquée d’antennes paraboliques. Et pour cause, «notre volonté comporte une double cause : celle d’éradiquer les paraboles et celle de préserver l’aspect urbain de nos villes», indique le responsable du Groupe Hasnaoui pour expliquer l’opportunité que représente la solution offerte par son entité : la télévision câblée sans antenne parabolique. Cependant, la législation ne permet pas aux opérateurs privés de déployer leur solution hors de leurs promotions immobilières. «Lors de l’une de ses visites en Chine, le président de la République Abdelaziz Bouteflika avait constaté l’absence d’antennes dans ce pays surpeuplé et avait la volonté de voir le même modèle en Algérie», se souvient le directeur général de HTA, affirmant que le wali de la capitale Abdelkader Zoukh a également voulu éradiquer les paraboles, mais s’était heurté à la législation qui n’offrait pas d’autre alternative pour la réception de télévision dans les foyers. HTA, explique son responsable, possède depuis 2012 l’autorisation délivrée par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (Arpt) nécessaire à l’exploitation des différents services qu’offre l’ADSL, dont l’IPTV. «Voyant l’intérêt du déploiement de cette technologie en 2013, M. Benhamadi, ancien ministre de la Poste et des Technologies de l’information et de la communication, avait une volonté d’ouvrir le marché, en proposant un projet de loi qui n’a malheureusement pas connu de suite», rappelle Omar Hasnaoui. Dernier blocage législatif en date, le retrait du projet de loi sur les TIC de l’APN en décembre dernier, retirant par la même occasion les espoirs des opérateurs privés de voir le marché des services annexes de l’ADSL s’ouvrir, pour proposer au consommateur algérien l’accès à de nouvelles technologies.

Un marché licite estimé 10 milliards de dinars
L’ambition du Groupe Hasnaoui, affirme le même responsable – comme ce que connaissent beaucoup de citoyens algériens sur ce qui se fait en France à travers les box – est de proposer la solution «triple play», à savoir réceptionner la télévision, Internet et téléphone fixe à travers le câble. A l’heure actuelle, aucun opérateur privé ne peut déployer ses solutions à n’importe quel client qui en ferait la demande. «Nous ne pouvons proposer l’IPTV qu’au niveau de nos promotions immobilières, car considérées comme propriétés privées. Nous ne sommes pas autorisés à déployer nos solutions sur la voie publique», indique encore M. Hasnaoui. Les 2 000 résidents de la promotion Erriad, eux, bénéficient depuis l’obtention de l’autorisation délivrée par l’Arpt au Groupe HTA, de la télévision câblée contre des mensualités de 1500 DA. Ces derniers ont accès à 180 chaines de télévision nationales et internationales classées par thématique : Information, divertissement, programmes pour enfants et sport. «Pour le moment, nous ne pouvons pas négocier pour un si petit nombre de clients avec les chaînes étrangères pour que l’on propose des abonnements», indique Omar Hasnaoui, qui concède que parmi les chaînes proposées figurent celles cryptées disponibles à travers le piratage. «Chaque citoyen possède un démodulateur. C’est un marché noir à 100%, qui nécessite le transfert illicite de devises, car les hébergeurs sont payés en devises, la solution IPTV pourra offrir la possibilité de paiement pour visualiser le contenu de façon licite», affirme M. Hasnaoui qui estime le marché de l’IPTV à 10 milliards de dinars. Interrogé sur le budget que représente 1500 DA pour les foyers algériens modestes, le DG de HTA estime que ce budget dépensé par les ménages existe déjà. «La dépense existe déjà à travers l’échange de démo à chaque fois qu’il y a une mise à jour que le flashage ne permet pas de contrecarrer, flashage lui-même payant. Et ce, sans avoir l’assurance de pouvoir voir son programme. Le marché existe déjà», répond l’intervenant qui estime par ailleurs le manque à gagner pour le Trésor public à cause de ce marché illicite à 2 milliards de dinars.