Le bilan préliminaire des dossiers de candidatures, annoncé durant le week-end par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), fait état de l’absence de listes notamment dans certaines localités en Kabylie, où la tendance du rejet des élections parmi la population semble avoir poussé ceux qui avaient des intentions de s’y engager à abandonner la partie.

Par NAZIM B.
Autrement dit, le scrutin n’aura pas lieu dans ces circonscriptions, dont la gestion sera vraisemblablement confiée à des administrateurs. Cette mission sera ainsi assurée, à partir du 28 novembre, par les secrétaires généraux chargés de la gestion des affaires de la commune avec l’implication des chefs de daïra. Combien de temps durerait cette situation «exceptionnelle» ? La réglementation ne l’a pas prévu. En revanche, ce qui est sûr pour l’heure, c’est que dans la wilaya de Béjaïa, 4 communes seront ainsi gérées par des représentants de l’administration locale. Il s’agit de la commune d’Akbou, deuxième plus grande commune après celle du chef-lieu, Feraoun, M’cisna et Toudja, où aucune liste n’a été enregistrée pour ces élections, y compris de la part du FFS, ancré dans ces circonscriptions, mais dont les sections locales ont désapprouvé le choix de la participation décidé par la direction du parti. Les chiffres communiqués par le coordinateur de wilaya de l’ANIE, Achour Hachemaoui, font état du dépôt de 109 listes pour 48 APC sur les 52 alors que 6 listes seront en course pour les 43 sièges de l’APW.
En ce qui concerne la wilaya de Tizi Ouzou, le scrutin local n’aura pas lieu dans 5 communes, Tadmaït, Ath Mahmoud, Ath Boumahdi, Illilthen et Aïn El Hammam. Seront en course dans le reste des communes, 139 listes dont 5 partis politiques, le FFS avec 38 listes, le Parti des Travailleurs (PT) avec 3 listes, le RND avec 2 listes, et le FLN et El Moustaqbel avec une liste chacun. Ces listes se disputeront les 62 (sur 67) Assemblées communales de la wilaya avec les 94 listes d’indépendants déposées.
S’agissant de l’APW de Tizi Ouzou, 5 listes ont été déposées par 3 partis politiques, à savoir Front de libération nationale (FLN), Rassemblement national démocratique (RND) et Front des forces socialistes (FFS), et 2 listes d’indépendants (Tagmats et Assirem). Le corps électoral local est estimé à 698 045 électeurs inscrits lors de la dernière révision exceptionnelle en prévision de ce scrutin, qui voteront au niveau de 1 744 bureaux répartis sur 704 centres de vote.
A l’évidence, le contexte politique marqué par la faible adhésion des citoyens au jeu électoral a généré un faible engouement dans la confection des listes. A cela s’ajoutent, selon des responsables politiques, des contraintes bureaucratiques sur le chemin des postulants dans l’ensemble des circonscriptions. «Le FFS a recensé à travers plusieurs wilayas, l’installation d’un dispositif bureaucratique et sélectif à vocation d’entraver et compliquer encore davantage le déroulement de l’opération pré-électorale», s’est indigné Hakim Belahcel, de la direction du plus vieux parti de l’opposition. Pour lui, «il est inconcevable d’exiger un recueil de signatures à un parti politique qui a déjà participé et est impliqué dans la gestion des collectivités locales. D’ailleurs, les élus locaux siègent encore dans ces Assemblées. C’est absurde de demander à un P/APC ou à un P/APW en poste de recueillir des signatures pour parrainer une liste de son propre parti». Ne pouvant pas faire face à ces «contraintes», des partis comme Talaïe El Hourriyet, ont décidé de renoncer à prendre part aux élections locales. «Face à cette situation malencontreuse, un groupe de 14 partis, dont Talaïe El Hourriyet, ont demandé audience au président de l’Anie, en vue de discuter d’un certain nombre de difficultés liées à l’application de certaines dispositions de la loi électorale», a indiqué le parti dans un communiqué.
«Cependant, rappelle-t-on, la réunion tenue le 19 septembre dernier entre les représentants des 14 partis (réduits à 7 sur exigence de l’Anie) et les conseillers du président de cette autorité, s’est soldée par un véritable échec», regrette le parti qui, selon lui, «encourage la défection électorale et nuira à la légitimité des Assemblées élues». n