Le débat s’intensifie autour du rôle qu’auront à jouer les entreprises nationales sur un terrain commercial où la production étrangère « made in » est appelée à se faire rare, sinon inexistante, suite aux mesures d’interdiction à l’importation de plusieurs dizaines de familles de produits ou encore l’élargissement de la liste des produits soumis à la TIC

et le relèvement des droits de douane pour d’autres. Pour s’inscrire dans le débat de l’heure, la Chambre algérienne de commerce et d’industrie a organisé une journée d’information consacrée à l’impact des dispositions de la loi de finances 2018 sur l’activité de nos entreprises. Les mesures introduites dans le cadre d’encadrement des opérations des importations, inscrites notamment dans la LF 2018, devraient constituer une aubaine pour les opérateurs nationaux, a-t-on de nouveau estimé lors de cette journée. Ces derniers pourront, en effet, profiter d’un marché qui s’est sensiblement développé depuis les années 1990, habituant les Algériens à des mœurs de consommation en rupture totale avec les années PAP (Plan anti-pénurie) mis en place dans les années 1980, période des « Souk el Fellah » où il n y avait pratiquement rien à acheter. Et c’est surtout cette période, déjà en cours de passage de l’abondance en tout vers une pénurie de multiples produits, que les entreprises locales devront exploiter en mettant la machine industrielle à la vitesse supérieure dans leurs process de production, dans l’objectif de combler, même partiellement, le vide qu’aura à générer le départ massif des marchandises produites extra muros. Production mais aussi diversification et qualité, car c’est aussi cette qualité du produit importé qui a fait plus d’ombre que de concurrence aux produits fabriqués localement ces dernières années. Nos producteurs, dans de nombreux secteurs et branches, ont souvent constaté, à leurs frais, que le consommateur algérien a vu ses goûts, ses tendances, ses désirs et ses réflexes s’épanouir, ces trois dernières décennies, dans les standards internationaux. Obligation de qualité est faite à nos producteurs. Celle des prix aussi. Car, si l’aubaine continue à être goulument confondue avec spéculation, le pouvoir d’achat finira par subir un coup mortel qui, à son tour, tuera la consommation. Et à ce niveau, il ne servira plus de produire pour un consommateur qui ne pourra pas acheter et faire tourner la roue de la croissance.