Inquiétant, c’est ainsi qu’on pourrait qualifier le rendement de l’équipe nationale mardi soir contre le Burkina Faso au Grand stade de Marrakech (Maroc). Dans un match face au concurrent direct pour la qualification aux barrages de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, l’EN a pêché tactiquement, physiquement et par manque de concentration. Quand on y ajoute des décisions arbitrales « défavorables », on obtient un match à oublier avec – tout de même – des leçons à en tirer.

Par Mohamed Touileb
On pourrait s’arrêter sur de nombreux faits de jeux. Mais le fait est là : les Fennecs ont déjoué. Comme jamais. On a rarement vu les protégés de Djamel Belmadi aussi peu inspirés et parfois même dépassés. Cependant, il a fallu que ça arrive. Et, fort heureusement, les camarades de Riyad Mahrez, transparent pour l’occasion, ont pu sauver les meubles en évitant la défaite bien qu’’ils pouvaient se mettre à l’abri et éviter que les Burkinabés recollent au score et menacent la série de 28 matchs sans défaite portée à 29 après le partage de points d’avant-hier.
« Pas assez tueur et solide »
Le sélectionneur Djamel Belmadi a relevé le fait que ses joueurs ont « eu des situations pour mener 2 ou 3-0, chose qu’on n’a pas faite. On n’a pas été assez chirurgical, pas assez tueur ». Le driver des « Guerriers du Désert ». Il a aussi estimé qu’ « en seconde période, on a mal démarré. On a eu 15-20 minutes de temps faible, c’est là où le Burkina Faso a repris de l’allant, l’envie d’aller marquer, on leur a donné cette possibilité. Le football est fait de temps forts et de temps faibles. Quand il y a des temps forts, il faut être tueur. Quand on a ces temps faibles, il faut être solide. On a manqué de solidité, c’est un vrai gros point de travail, il faut revenir à ça.»
Dans son analyse, le successeur de Rabah Madjer a été lucide. On déduit donc qu’il a compris ce qui n’a pas marché mardi soir. L’urgence sera de corriger les imperfections pour les échéances à venir. A commencer par la double-confrontation contre le Niger en octobre prochain dans le cadre des 3e et 4e journées des qualifications pour le Mondial 2022 qui reste un objectif majeur.
Des sifflets qui auraient pu changer la donne
Cependant, au-delà du rendement moyen de son team, Belmadi n’a, encore une fois, pas trouvé l’arbitrage équitable. A ce titre, il faut dire qu’il y avait un penalty « sifflable » sur Riyad Mahrez à la 87e minute. Un fait de jeu qui aurait pu changer le résultat final de la partie et permettre aux champions d’Afrique de faire carton plein sur les deux sorties de septembre.
Concernant la prestation du referee botswanais Joshua Bondo, le coach d’ « El-khadra » a lâché que « dès l’entame du match il ‘y a des choses que personne ne voit. Quand il y’a des penalties aussi évidents, on doit avoir le courage l’honnêteté, de siffler ce qui doit être sifflé » avant de rappeler qu’ « il y’ a un tacle à la 10e minute, hors du sol, ça donne un carton jaune. Dans la foulée, Ramy (Bensebaini) tient le maillot d’un joueur et ça donne un carton jaune. On peut tenir un maillot et casser un joueur et c’est le même résultat. On sait tout ça, on n’y peut rien, on peut juste le dire.»
Adversaire vaillant
En outre, si l’Algérie a dû laisser 2 points sur le tapis de l’enceinte marrakchie, c’est parce qu’en face, il y a eu une équipe costaude qui a su quand laisser le ballon aux camarades de Ramiz Zerrouki, auteur d’une prestation remarquable, et quand frapper pour sauter le verrou Dz. Certes, Lassina Traoré, passeur sur le but égalisateur d’Abdoul Tapsoba, n’ont pas eu nombreuses occasions franches. Mais ils ont fait preuve de réalisme quand il était de mise.
Leur entraîneur, Kamou Malo, n’a pas manqué de féliciter son équipe « qui a montré une combativité exemplaire. Pour ce genre de match, on n’a pas besoin de trop parler aux joueurs, ils savent ce qu’ils doivent faire. C’est un sacré coup qu’ils ont réalisé malgré le nul.» Concrètement, c’est la sélection de l’ancienne Haute-Volta qui a réalisé une contreperformance étant donné que c’est elle qui recevait sur papier. La frustration ressentie en Algérie après le résultat final montre que le niveau d’exigences est élevé. Et là, il est utile de mentionner que les vainqueurs de la CAN-2019 sont leaders du groupe « A » (4 points) grâce à un meilleur goal-average (+8) devant le Burkina Faso (+2). Pour sa part, le Niger est 3e alors que le Botswana ferme la marche avec un compteur vide. Loin d’être catastrophique. n