Par Hamid Bellagha
Comme il fallait s’y attendre, le Directeur général du CHU de Constantine a été limogé. La visite du ministre de la Santé, vendredi dernier, à la capitale de l’Est a acté le licenciement de Tarek Mili, le désormais ex-Directeur général du CHU Benbadis. La situation du centre hospitalier universitaire de Constantine en a choqué plus d’un, de même que celle d’Annaba et où le Directeur général aussi a fait ses valises.
Benbouzid pourra donc continuer sa tournée à travers les hôpitaux algériens et devra donc mettre fin aux fonctions de tous les responsables des CHU et des hôpitaux, car la situation est la même. Les responsables sont en majorité coupables, mais seulement d’avoir accepté une fonction sur laquelle ils savaient à l’avance n’avoir aucune emprise. Les directeurs de la santé, l’œil du ministère de la Santé dans toutes les wilayas, devraient donc eux aussi faire leurs bagages, au moins pour dilettantisme.
Le limogeage d’un Directeur général de CHU ne réglera en rien le problème de gestion de nos hôpitaux et n’améliorera en rien la qualité des soins. Le problème est plus profond et nécessite un traitement de choc, à commencer, par exemple, par refaire le cahier des charges des marchés que traite quotidiennement chaque hôpital.
Celui de Constantine, et il n’est pas le seul, traîne comme un boulet depuis des années la double vacation des médecins, dans le privé et pas beaucoup dans le secteur public, où le CHU sert uniquement de «rabatteur» vers les cliniques privées. L’infrastructure de nos CHU, spécialement celui de Constantine, une ancienne caserne, ne se prête plus à la pratique de la médecine, même si on doit rafistoler chaque jour des pans de mur entiers.
Cinq mille personnes émargent chaque jour au CHU de l’antique Cirta, une «foule» ingérable, avec des services où tout manque, de la seringue au matelas en passant par les médicaments et l’hygiène. Quant à l’imagerie médicale, il vaut mieux ne pas en parler, à commencer par un scanner qui, comme l’Arlésienne dont on entend tout le temps parler, mais que l’on ne voit jamais. Une déliquescence qui s’est transformée en maladie chronique qui a emporté dans son sillage des services comme l’ophtalmologie qui n’existe plus, en plus d’un immeuble dédié à l’oncologie, en chantier depuis 17 ans. Tout cela le Directeur général de Constantine le savait avant de prendre ses fonctions, comme le savaient aussi ceux qui l’ont précédé à ce poste.
Certes, le Directeur général du CHU est coupable de négligence, de laisser-aller, mais dans ce cas, il faudra aussi licencier ceux qui l’ont précédé à ce poste. Tout le monde savait et n’avait rien fait pour diverses raisons.
La réforme de la santé et des hôpitaux passe aussi par une remise en question et pas seulement par des coups de gueule.