La reprise des commerces au niveau de la capitale est en deçà des attentes des commerçants et des consommateurs. En l’absence de transport, métro et autobus notamment, alors que ces derniers devaient reprendre à partir de dimanche dernier, il n’y avait pas vraiment foule à Alger-Centre. Les taxis, quant à eux, pas très nombreux au premier jour de leur reprise, préfèrent travailler en catimini, pour ne pas se plier aux conditions rigoureuses exigées dont la prise en charge d’un seul client. Très tôt le matin, les commerces se sont préparés pour recevoir le maximum de clients. Mais le scénario du déconfinement durant le mois de Ramadhan ne s’est pas reproduit. Il n’y a pas eu «d’assaut» et le nombre de clients se compte sur les doigts d’une seule main. A la place Ferhat-Boussad, par exemple, où il y a foule d’habitude, c’est pratiquement le calme plat. Ceux qui ne portent pas de masques d’ailleurs sont interdits d’accéder aux commerces. Des citoyens, en effet, préfèrent se passer de bavettes, peu soucieux des sanctions ou des conséquences sanitaires. Les commerçants, eux, pour éviter des sanctions qui les pénaliseraient davantage, veillent scrupuleusement au respect des conditions de reprise. Dans certains magasins, des adolescents sont mêmes interdits d’accès. «Nous devons absolument faire des bénéfices et pour cela, nous ne voulons pas courir de risques en faisant entrer des clients qui ne portent pas de masque», assurent-ils. Pour ce qui est des prix, aucune hausse en vue pour le moment. Mieux, certains magasins d’articles de vêtements notamment ont baissé leurs prix au maximum pour se défaire de l’ancienne marchandise, passée de mode, restée en stock depuis la crise sanitaire. «Mais pour ce qui est de la nouvelle marchandise, si les prix augmentent sur le marché international, nous serons obligés de suivre le mouvement», indiquent-ils. L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) n’écarte pas, d’ailleurs, une hausse des prix de tous les produits, articles et services, comme annoncé par les associations des consommateurs. «Pour l’instant, nous n’avons pas encore d’informations précises sur une éventuelle hausse. Mais elle aura lieu, cela, c’est certain. La hausse des prix du carburant impacte tous les secteurs et marchandises confondus», affirme l’UGCAA. Mais cette hausse, d’après l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA), ne sera pas très importante et n’affectera pas trop le pouvoir d’achat. Elle se fera, par ailleurs, progressivement, pour ne pas déstabiliser les consommateurs. Toujours selon lui, la hausse des prix touchera surtout les produits importés, les téléphones mobiles, entre autres. «La hausse touchera aussi les produits locaux dont le volume a été réduit depuis la crise sanitaire. Une fois que la production nationale reprendra à un rythme normal et que le marché répondra aux besoins, les prix baisseront d’eux-mêmes et retourneront à la normale», assure l’ANCAA. Les associations des consommateurs, rappelle-t-on, ont exprimé des craintes quant à une hausse des prix de l’ensemble des produits et services suite à la longue période de confinement et à la loi de finances complémentaire 2020 qui prévoit, entre autres, une hausse dans les prix du carburant.