Par Bouzid Chalabi
C’est la mi-Ramadan, mais toujours pas de mercuriale clémente comme promis par les ministres du Commerce et de l’Agriculture. En effet, si les étals sont bien achalandés, les prix affichés, par contre, n’ont pas connu de baisse substantielle par rapport à la flambée des premiers jours. Ce faisant, une très grande frange de la population a vu son budget fondre comme neige au soleil et se demande comment faire pour boucler le mois d’autant plus qu’arrivent les achats spécifiques à la fête de l’Aïd.
Pour l’heure, les citoyens, courroucés par la hausse des prix depuis le début du mois béni, jugent injustifiable « un phénomène qui se répète » chaque Ramadan. Et pourtant, ils sont nombreux à avoir cru que cette année, le ramadan serait moins douloureux financièrement, notamment après les assurances du ministre du Commerce. «Les prix pratiqués seront raisonnables», «le prix de la viande rouge sera abordable à plus d’un consommateur grâce à la mise sur le marché de viande congelée importée », avait-il affirmé. Rien de tout cela jusqu’ici. Pour preuve, les prix de certains légumes ont largement dépassé la barre des 150 DA, comme le kilogramme de tomate et de la courgette, quant à la viande rouge importée, elle n’est toujours pas sur les étals des boucheries, quinze jours après le début de Ramadan.

Arrivage de viande importée mais pas de trace sur les étals
Sur ce dernier point, le président de l’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de l’environnement (Apoce) Mustapha Zebdi, approché par
Reporters hier, nous a rapporté selon ses sources que des quantités importantes de viande rouge congelée sont arrivées depuis peu et s’étonne qu’elles ne soient pas encore sur les étals des boucheries. Non sans lâcher : « Au niveau de notre association, on est curieux de savoir pourquoi on ne retrouve pas sur le marché de détail de la viande congelée, alors que certains importateurs ont réceptionné leur marchandise». Un retard qui laisse les cours de la viande rouge locale culminer autour de 1 350 et 1 500 DA le kilogramme pour la viande ovine fraîche, tandis que le foie est proposé entre 3 400 et 3 600 dinars. Concernant la volaille, le prix du poulet vide reste scotché entre 380 et 400 DA le kilogramme, poussant ainsi les ménages à s’approvisionner en petite quantité. Comme il faut souligner que les gens aux bas revenus sont contraints de se rabattre sur les ailes affichées à partir de 200 DA et même 250 DA dans certains marchés de la capitale, où s’est rendu hier Reporters. Toutefois, c’est du côté des fruits que les prix restent exorbitants, à l’image de la banane, cédée la veille du mois de Ramadan entre 240 et 250 DA/kg pour passer ces deux derniers jours à 340 DA/kg. Quant à la datte, elle oscille entre 500 et 700 DA le kilogramme. Idem pour la fraise vendue au début entre 200 et 250 DA/kg elle passe à 400 DA/kg. L’orange, qui est en fin de saison, est cédée à partir de 300 DA et à 200 DA quand elle est de piètre qualité. Enfin, la pomme locale reste le fruit inabordable, affichée à partir de 400 DA. A l’inverse, le prix de la pastèque du Sud continue à baisser, comparé aux premiers jours de son apparition sur le marché où il était proposé à 200 DA le kilogramme pour descendre ces jours-ci à 100 DA, voire même à 80 DA. A propos de la mercuriale actuelle des fruits et légumes, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA) Hadj Tahar Boulanouar, contacté par Reporters, juge qu’elle est élevée par rapport à l’année dernière. Mais il avance qu’une baisse des prix va intervenir dans les prochains jours par l’effet de l’arrivée des récoltes de saison notamment pour ce qui concerne la tomate, la courgette et les petits pois. Précisant enfin que le marché dans son ensemble est stable après avoir connu une flambée. Mais cela reste insuffisant compte tenu du pouvoir d’achat d’une grosse partie de la population qui, de plus en plus, voit son budget de consommation ne pas dépasser la dizaine de jours compte de la cherté des produits alimentaires de base». Un point de vue que partage de son côté le président de l’Apoce. Lequel a avancé dans ce sens : «Les foyers ne sont pas sortis de l’auberge car il faut qu’ils s’attendent à une hausse exorbitante sur les prix des vêtements et chaussures à l’occasion de l’Aïd». De quoi inquiéter les pères de famille. Un autre casse-tête auquel ils devront trouver solutions au prix de grands sacrifices.