Par Feriel Nourine
Le passage des personnes arrêtées dans le cadre de l’assassinat de Djamel Bensmaïl se poursuivaient, hier, au tribunal de Sidi M’hamed (Alger), où le juge d’instruction avait entamé, la veille, les auditions des 92 personnes déférées devant la justice après avoir été suspectées d’implication dans le crime crapuleux perpétré contre le jeune homme, le 11 août, à Larbaâ-Nath-Irathen. Le jeune homme, originaire de Miliana (Aïn Defla), était parti prêter main-forte à ses amis face aux incendies qui ravageaient cette localité, mais aussi l’ensemble de la Kabylie et d’autres régions du pays.
Au premier jour des auditions, le magistrat instructeur a ordonné la mise en détention provisoire de 19 mis en cause, alors qu’hier, il a décidé la mise en liberté des 4 personnes qui accompagnaient la victime à bord d’une Renault Clio Campus, quelques minutes avant son assassinat par une foule prise de folie criminelle. Ces derniers étaient en état d’arrestation, suspectés d’avoir participé aux incendies criminels qui ont été actionnés dans la région. Au deuxième jour de l’instruction, les mis en cause continuaient donc à se relayer devant le Parquet pour les besoins de la suite de l’enquête et répondre des chefs d’inculpations qui peuvent être retenus contre eux.
Selon les éléments de l’enquête policière, l’ensemble des individus arrêtés, dont 3 femmes, sont suspectés d’être «impliqués à différents degrés dans l’homicide, l’immolation et la mutilation d’un cadavre, la destruction de biens et la violation d’un siège de police», avait souligné la Direction générale de sûreté nationale (DGSN), la semaine dernière, dans un communiqué de presse. Lequel communiqué faisait part de 25 nouvelles arrestations opérées par les policiers enquêteurs après les 36 annoncés quelques jours auparavant par le Directeur de la police judiciaire, Mohamed Chakour, en guise de premières révélations d’une enquête que l’ensemble des Algériens suivent avec une attention particulière avec l’espoir de voir toute la lumière faite sur l’abominable crime de Djamel, qui a mis en émoi tout le pays. Il a généré également un mouvement national de condamnations, mais aussi renforcé le rempart populaire dressé contre les velléités de haine et de division que pouvaient espérer semer ceux qui l’ont perpétré, et surtout ceux qui l’auraient commandité, choisissant, de surcroît, sa retransmission en direct sur les réseaux sociaux pour assurer leur coup.
Et quoi de plus rassurante preuve de rejet de ces vils desseins que les appels à la sagesse, au calme et à l’union en provenance de toutes les couches de la société algérienne, sans oublier les paroles prophétiques sorties des entrailles incendiées du père de la victime dans un discours rassembleur n’ayant d’égale intensité que le supplice d’avoir vu son fils partir à jamais par le plus atroce des chemins qui mènent à la mort. La DGSN a également annoncé que ses éléments avaient réussi à mettre la main sur le portable de la victime et récupéré des «informations étonnantes sur les véritables mobiles du meurtre du jeune Djamel Bensmaïl, qui seront révélées par la Justice ultérieurement en raison du secret de l’instruction».
En attendant que l’instruction lève le voile sur l’ensemble des tenants et des aboutissants de cette affaire, les éléments de l’enquête policière convergent vers l’implication d’un «réseau criminel, classé comme organisation terroriste» qui «est derrière le plan ignoble, de l’aveu de ses membres arrêtés», a souligné la DGSN. C’est le MAK qui est mis au banc des accusés, avant que des mis en cause arrêtés ne confortent cette piste à travers des témoignages vidéos où ils avouent «leur implication» dans le crime qui a secoué l’Algérie, précisant qu’ils étaient des militants du mouvement dirigé par Ferhat Mehenni. Ils ont avoué avoir «frappé la victime avant de la traîner, la tuer, la brûler puis la mutiler» au niveau la place du martyr Abane Ramadane, au centre-ville de Larbaâ Nath Irathen.
En plus du MAK, le Haut-conseil de sécurité accuse le mouvement Rachad d’être impliqué aussi bien dans les incendies de forêt qui ont causé la perte de plusieurs vies humaines, fait d’importants dégâts matériels chez les populations et ravagés une bonne partie du patrimoine forestier de l’Algérie, ainsi que dans l’assassinat de Djamel Bensmaïl.
Le HCS accuse «en particulier le MAK, qui reçoit le soutien et l’assistance de parties étrangères, notamment du Maroc et de l’entité sioniste, où les actes hostiles répétés du Maroc contre l’Algérie ont nécessité une révision des relations entre les deux pays et l’intensification de la surveillance de la sécurité aux frontières occidentales», a-t-il insisté lors de la réunion qu’il a tenue jeudi dernier.