La liste des victimes d’accidents de la route s’est encore allongée le temps d’un autre drame qui s’est produit à Souk Ahras, dans la commune Mechroha, lorsqu’un bus de voyageurs s’est renversé, causant la mort d’au moins 8 personnes et blessant 22 autres dont certaines étaient dans un état grave.
Le transport public est donc de nouveau passé par là, provoquant d’un seul coup de volant le décès de plusieurs passagers à la fois. L’hécatombe sur les routes poursuit son chemin et les morts ne se comptent plus tant la vitesse des accidents ne cesse de s’accentuer dans une trajectoire infernale.
Pour preuve, le drame routier survenu hier à Souk Ahras arrive en début d’un mois de février qui rappelle un mois de janvier particulièrement meurtrier sur nos routes, avec une série d’accidents qui ont encore une fois mis en avant la part des bus transportant des voyageurs dans cette série macabre que l’Algérie vit au quotidien. Le nombre de morts le plus élevé a été enregistré à El Oued, suite à la collision entre deux autocars sur la RN3, causant la mort de 13 personnes et blessant 45 autres. Durant le même mois de janvier, d’autres accidents provoqués par des bus ont également fauché la vie à des Algériens. Entre autres, celui qui s’est produit sur l’axe de la RN8 à proximité de la localité d’Aïn El Hadjel (M’Sila), lorsqu’un bus de transport de voyageurs est entré en collision avec un tracteur, faisant 5 morts et 31 blessés.
Et comme la tragédie que vivent les Algériens ne se limite plus à des accidents qui se produisent intra-muros, une famille algérienne de 5 personnes a trouvé la mort, toujours en janvier, sur les routes tunisiennes dans un accident qui a eu lieu dans le gouvernorat de Kasserine.

Pour des mesures sévères pour juguler ce fléau
Qui arrêtera donc tous ces accidents de la route qui viennent endeuiller quotidiennement des familles algériennes ? La question mérite d’être posée une nouvelle fois, d’autant que quelques petites heures seulement avant le drame de Souk Ahras, le Conseil des ministres, tenu samedi, se penchait sur ce dossier face auquel toutes les mesures prises par les pouvoirs publics depuis des années ont échoué. De quoi obliger le gouvernement à repartir en guerre contre les accidents de la route en prônant la « radicalisation » des mesures prises. Partant du constat que « toutes les mesures préventives et dissuasives pour juguler ce phénomène ont montré leurs limites », le ministre de l’Intérieur, Kamel Beldjoud, a jugé qu’il est aujourd’hui temps d’opter pour des « changements radicaux ». Une radicalisation qui devrait en premier lieu toucher les conducteurs, sachant que « le facteur humain demeure la cause principale de ces accidents dans 96% des cas », a rappelé le ministre, en référence aux données des services de sécurité. Dans ce sens, M. Beldjoud a proposé plusieurs mesures dont « le recensement en urgence des points noirs et l’entame immédiate des travaux de réaménagement nécessaires pour leur éradication, l’intensification des opérations de contrôle en focalisant sur les infractions liées à l’excès de vitesse, outre la multiplication des opérations d’accompagnement des usagers de la route, notamment les motocyclistes et les conducteurs de véhicules de transport des voyageurs et des marchandises ».
Commentant ce point, le Président de la République a ordonné « le durcissement, de concert avec le ministère de la Justice, des mesures rigoureuses à l’encontre de tout comportement criminel dans la conduite, notamment en ce qui concerne les moyens de transport collectif et scolaire ». Evoquant les statistiques de 2019, le ministre de l’Intérieur a fait état de 22 500 accidents corporels entraînant 3 200 décès et 31 000 blessés soulignant que ces sinistres coûtent annuellement près de 100 milliards DA. Pour le premier mois de l’année en cours, les accidents de la route ont tué au moins 151 personnes et fait plus de 5 300 blessés dans plus de 4 300 accidents, selon un décompte basé sur les chiffres communiqués par les services de la Protection civile.<