Amar Khodja Tarek du Syndicat national autonome des postiers (Snap) espère qu’avec la nomination d’un nouveau ministre à la tête du ministère de la Poste et des Télécommunications, les «portes du dialogue seront ouvertes, car ce que nous attendons en priorité ce sont de véritables réponses aux revendications des postiers et non plus des promesses».

Par Bouzid Chalabi
Pour le chargé de communication du Syndicat national autonome des postiers (Snap), Amar Khodja Tarek, le limogeage de Brahim Boumzar, ex-ministre de la Poste et des Télécommunications, est «un non-événement dans la mesure où de précédents ministres du secteur n’ont pas été enclins à répondre aux revendications des postiers qui remontent à 2004». Le Responsable, approché hier par Reporters, se demande si cette fois, à travers la nomination d’un nouveau ministre, les portes du dialogue seront ouvertes, car ce que nous attendons en priorité ce sont de véritables réponses aux revendications des postiers et non plus des promesses en l’air». Poursuivant dans ce sens : «Ce que nous attendons par ailleurs et dans l’urgence c’est de lever l’obstacle de la liberté syndicale sans quoi le dialogue entre les deux parties ne peut déboucher à des solutions concrètes sur le terrain.»
Revenant sur la désignation d’un nouveau ministre, Ammar Khodja n’ira pas par quatre chemins car, selon lui, «il ne s’agit pas de changer pour changer mais de prendre en considération et sérieusement les revendications des postiers qui sont d’ailleurs toutes légitimes». Sur ce point, il a évoqué le fait que «les postiers sont soumis à des conditions de travail très pénibles dues à la charge qu’il leur imposée et aussi à la pression venant de la clientèle lorsque surgit le problème de liquidité. Poursuivant dans ce sens, «on demande aux postiers de travailler sept jours sur sept, ce qu’ils ont assuré, mais la direction de l’entreprise s’est toujours montrée muette malgré les multiples alertes sur la dégradation des conditions de travail dans les bureaux de poste». Soulignant au passage que «la situation est devenue intenable notamment depuis l’apparition de la pandémie de la Covid-19». Ammar Khodja confiant par ailleurs que «le refus de dialoguer, alors que nos revendications sont des plus élémentaires, s’est traduit par une situation de pourrissement au sein d’Algérie Poste». Ajoutant : «Le dernier mouvement de grève du 12 au 19 avril dernier illustre tout le ras-le-bol des postiers, estimant que c’est le seul moyen qui leur reste pour se faire entendre sur les problèmes qu’ils vivent dans l’exercice de leur fonction».
Interrogé par Reporters sur le sort du postier Abderrahmane Zaoui, qui s’est vu infligé une suspension administrative après son échange vif avec l’ex-ministre de la Poste et des Télécommunications, le porte-parole du Snap dira qu’«aux dernières nouvelles, Zaoui est toujours suspendu. C’est aussi le cas du postier de Batna, Ouzina Hamid, également suspendu pour avoir mis à nu les problèmes que vivent les postiers». Ammar Khodja a par ailleurs lancé : «Les postiers demandent des solutions concrètes à leurs problèmes et dont leur mise en œuvre sur le terrain ne doit souffrir d’aucun retard.» C’est, en clair, le chantier auquel le nouveau ministre Sid-Ahmed Ferroukhi doit s’atteler à mettre à exécution. Nous le saurons dans les semaines qui viennent. n