«Que c’est beau», «c’est propre» et surtout «c’est pratique», telles étaient les impressions  recueillies, hier, auprès de centaines d’Algérois, qui ont découvert avec «bonheur» leurs nouvelles stations de métro d’Aïn Naâdja et de la place des Martyrs.

Inaugurées, lundi dernier, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et des invités triés sur le volet, les deux nouvelles stations, à savoir Place des Martyrs et Aïn Naâdja, ont été ouvertes hier au public, qui était nombreux à les découvrir et à les emprunter pour la première fois. Dès les premières heures de la matinée d’hier, des centaines de curieux de tout âge se sont rués vers les nouveaux escalators et les ascenseurs de ces nouvelles stations du métro algérois. Armés de leurs smartphones, les visiteurs se sont tous improvisés photographes pour immortaliser ce moment, mais aussi et surtout, pour découvrir le dernier tronçon d’une ligne évoquée depuis des années et à laquelle beaucoup ne croyaient plus. «On parlait de l’ouverture des nouvelles stations depuis 2015, sans savoir laquelle des deux allait arriver en premier. Et, heureusement, elles ont ouvert leurs portes», nous a déclaré un père de famille, rencontré au niveau de la station de la Place des Martyrs. «C’est beau, c’est propre, c’est lumineux, en plus il y a un musée», décrit-il. D’ailleurs, tous ceux que nous avons approchés n’ont pas manqué de saluer ce musée à ciel ouvert, qui renferme des vestiges archéologiques retraçant plus de 2000 ans d’histoire. Cette station possède un musée montrant le passage et les traces des civilisations en Afrique du Nord, en Algérie en particulier, depuis l’antiquité. Il faut dire que cette station est unique en Afrique et dans le monde arabe. La Place des Martyrs est la troisième station-musée en Méditerranée, après celles de Rome et d’Athènes. Une retraitée, venue découvrir le musée de station de la place des Martyrs et faire du shopping dans les commerces avoisinant la station, dira que «l’extension des lignes du métro facilitera davantage le déplacement des citoyens et réduira les embouteillages au niveau de plusieurs communes d’Alger, notamment celles à forte densité de population».

Soulagement, joie et rush
Il faut dire qu’hier, le ballet des rames ne s’est pas arrêté tant  la majorité était pleine à craquer pour un premier jour de lancement.
Les employés du métro nous ont affirmé que «dès l’ouverture, le premier départ avait déjà fait le plein». Idem pour la station d’Aïn Naâdja. Pour y aller, il y a deux navettes qui assurent le transport des voyageurs entre la station Hai El Badr et Aïn Naâdja avec un intervalle de 7 min. Les usagers du métro, qui souhaitent aller d’Aïn Naâdja à la Place des Martyrs ou à El Harrach devront ainsi changer de wagon au niveau de la station Hai El Badr. Arrivés sur les lieux, on a trouvé les mêmes scènes et presque les mêmes commentaires. D’ailleurs, sur le quai, les visiteurs étaient excités et se pressaient aux portes des cabines dès l’arrivée de la rame. «Il était temps que cette station voie le jour», a commenté un jeune. Interrogés sur leurs impressions, d’autres jeunes se sont contentés de dire que «tout ce qui est nouveau est bien». «Cette nouvelle station est l’occasion de laisser nos voitures chez nous», ont rétorqué d’autres afin «d’éviter enfin de camper dans les incontournables bouchons de la circulation routière» dont souffre la capitale au quotidien. Les enfants, eux, tout contents, ont fait des couloirs de la station une aire de jeu en courant dans tous les sens. Un espace d’attraction qu’ils découvrent pour la première fois. «Les enfants ne veulent plus sortir de la station car le lieu semble leur plaire», a affirmé un parent. Une chose est sûre, les visiteurs étaient heureux de découvrir ces lieux. Avec ces deux nouvelles extensions, le métro d’Alger s’étale actuellement sur 18 km et se compose de 16 stations allant de la Place des Martyrs à El-Harrach. D’autres extensions sont en cours de réalisation ou le seront prochainement, permettant ainsi d’atteindre, en 2020, un réseau de métro d’une longueur de 40 km, reliant notamment la commune de Dar El Beïda (banlieue est d’Alger) à celle de Draria (les hauteurs ouest d’Alger). Le projet aura coûté plus de 90 milliards de dinars, sans l’inclusion des travaux d’extension, dont une bonne partie a été déjà engagée et qui devrait porter à 139 milliards de dinars le coût total. Grâce à l’entrée en service de la ligne Grande-Poste-place des Martyrs (longue de 1,7 km) et celle d’Aïn Naâdja-Haï El Badr (3,6 km), cinq nouvelles stations ont vu le jour. Il s’agit en l’occurrence des stations d’Ali-Boumendjel et la Place des Martyrs, pour la première ligne, et des stations des Ateliers, d’Aïn Naâdja I et Aïn Naâdja II pour la deuxième. Ces lignes s’ajouteront aux trois déjà existantes : Grande-Poste-Les Fusillés, Les Fusillés-Haï El Badr et Haï El Badr-El Harrach. Selon de récentes déclarations du ministre des Travaux publics et des Transports, Abdelghani Zaâlane, le nombre de voyageurs via le métro d’Alger devrait s’élever à 300 000 voyageurs/jour avec ces nouvelles extensions. C’est sur instruction du chef de l’Etat que les financements nécessaires à la réalisation des extensions des lignes du métro d’Alger, devant aussi aller vers l’aéroport international Houari-Boumediène, Baraki, et Bab El Oued, ont été alloués.