La cérémonie d’installation, au Palais des nations, de la Haute instance de surveillance des élections, avant hier a été marquée par la présence des formations politiques de l’opposition islamistes (MSP, Nahda et FJD) et son boycotte par l’opposition démocratique (RCD et FFS).

C’est ainsi que la présence de l’ensemble des formations politiques islamistes à la cérémonie va en droite ligne avec leur décision de prendre part aux législatives prochaines : « c’est un geste de la part de nos trois partis, Ennahda, El Adala et El Binaa comme quoi on va travailler avec cette haute instance » a expliqué, hier à Reporter Youcef Khebaba, membre de la direction du front de la justice et du développement(FJD) de Abdellah Djaballah.

« On aurait aimé que cette commission ait une autre composition et qu’elle soit une instance indépendante de supervision des élections, mais le pouvoir a anticipé les choses et a mis en place la haute instance qui est une institution officielle » soutient-il avant de faire remarquer qu’ « à partir du moment où nous avons décidé de prendre part aux élections, on a décidé de travailler avec cette instance, car elle va être un acteur prépondérant lors du prochain scrutin législatif ». Sollicité sur les raisons d’une participation à une élection que son parti juge d’emblée frauduleuse, Khebaba explique que « nous allons juger de la transparence des élections à l’issue des résultats ». « Nous disons que les conditions d’une transparence et crédibilité des élections ne sont pas encore réunies et pas encourageantes, mais nous considérons qu’il s’agit d’un combat de longue haleine et qu’on ne peut pas boycotter les élections jusqu’à ce que les garanties d’une élection transparente soient totalement assurées ». Même son de cloche chez le MSP qui a envoyé un représentant à la rencontre de club des pins, en l’occurrence Smail Mimoune. Cette formation estime tout comme le FJD que les partis d’opposition sont devant le fait accompli et le combat pour la transparence des élections est de longue date. De son côté, le secrétaire général d’El Islah, Filali Ghouini, a estimé que « l’Instance est devant une mission délicate voire impossible », ajoutant que « l’Algérie n’a pas d’autres choix que d’organiser des élections transparentes ». Pour sa part, le secrétaire général d’Ennahdha, Mohamed Douibi, a estimé que la HIISE a mis les partis politiques « devant le fait accompli », renouvelant par ailleurs son appel pour la mise en place d’une commission indépendante de surveillance des élections. De leur coté, les partis de l’opposition démocratique, le FFS et le RCD n’ont pas daigné assister à la rencontre de l’installation de la haute instance au motif qu’elle « n’est pas à même de garantir la crédibilité des élections ». c’est du moins ce qu’a expliqué hier Atmane Mazouz, responsable de la communication au RCD, selon lequel « la haute instance ne représente pas notre parti ».

L’alliance présidentielle en phase avec la haute instance de surveillance des élections

Djelloul Djoudi, membre de la direction au Parti des travailleurs (PT), a émis quant à lui des «réserves» sur les «capacités de cette Instance à assurer réellement la transparence et la probité des élections». Il a aussi insisté sur «l’’importance du prochain rendez-vous électoral sur l’avenir du pays ». « Nous adressons notre appel au président de la République pour qu’il donne plus de garanties concernant la probité des élections afin que la volonté populaire soit respectée ». S’agissant des partis de l’alliance présidentielle, ils n’ont pas manqué de marquer par leur présence la cérémonie et de vanter les mérites de la Haute instance. C’est ainsi que le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbès, s’est « félicité de la mise en place de la HIISE », soutenant qu’il s’agit de «la concrétisation d’une des propositions de son parti lors des consultations sur la révision constitutionnelle». « C’est la première fois, depuis l’indépendance du pays, qu’une instance de cette envergure est créée », a-t-il noté avant de faire observer qu’elle s’inscrit « dans le cadre de la démocratie apaisée, conformément aux orientations du Président Abdelaziz Bouteflika ».
Le patron du parti a saisi l’occasion pour appeler les formations qui ont des réserves sur la HIISE à engager leurs propres représentants durant les élections pour les déployer à travers les bureaux et les centres de vote. Le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a de son côté, soutenu que cette Haute instance marque une « nouvelle étape et offre une autre garantie pour la transparence des élections ». Et pour cause « la loi électorale confère tous les droits aux partis en matière de surveillance des élections ». Selon le MPA, « le plus important est d’enregistrer un taux de participation assez élevé afin de donner aux élections davantage de crédibilité ». De son côté, le président de Tajamou Amal el Jazaïr (TAJ), Amar Ghoul, a expliqué que la mise en place de cette Instance est un « pas supplémentaire dans le processus de surveillance des élections, appelant les partis politiques à jouer leur rôle pour soutenir la HIISE dans sa mission de surveillance des élections ».