C’est, hier, mercredi qu’a été donné le coup d’envoi officiel de l’opération de vaccination contre la Covid-19 au niveau des pharmacies du pays. Une bonne nouvelle donc pour tous ceux et celles qui veulent se faire vacciner sans la contrainte de faire l’appoint au niveau d’un centre de vaccination de proximité et autres.

Par Bouzid Chalabi
Mais toujours est-il que si du côté du ministère de la Santé on affirme que tout est fin prêt pour que l’opération démarre rapidement, sur le terrain ce n’est pas le grand engouement chez les pharmaciens d’officine. C’est ce qui ressort des propos recueillis par Reporters auprès de certains professionnels de la capitale. Ainsi, des opérateurs n’ont pas hésité à faire part de leur désapprobation de cette initiative, car cela risque de voir leurs espaces envahis à longueur de journée par des personnes de tous âges «et gênant notre activité principale, à savoir répondre à la demande en médicaments à notre clientèle», argue Ahmed, responsable d’une officine à El Harrach depuis plus de trente ans. Un autre activant à Bachdjarah ne mâchera pas ses mots : «Malgré toutes les assurances, plusieurs d’entre nous restent dubitatifs, car pour être opérationnel, il faut remplir certaines conditions qui exigent des dépenses financières, sans parler du temps qu’il va falloir consacrer à la vaccination, car il s’agit d’opérer des aménagements spécifiques au sein de nos locaux.» En résumé, l’une des conditions techniques les plus importantes imposées aux pharmaciens pour effectuer la vaccination est de disposer d’un espace entièrement réservé à l’opération de vaccination. «Nous sommes nombreux à ne pas être en mesure d’y répondre, compte tenu de l’exiguïté de nos officines». Autre point soulevé par une pharmacienne de Kouba : «Au vu des exigences des conditions de stockage des vaccins des plus minutieuses, car très vulnérables, qui nous seront livrés, cela va certainement donner à réfléchir à plus d’un. Soit rejeter catégoriquement cette initiative ou la remettre à plus tard.» D’autres opérateurs de pharmacie considèrent qu’il n’est pas évident que la vaccination se traduise par un surplus de personnes vaccinées comme l’escomptent les autorités sanitaires du pays. Retenons que les pharmaciens, sceptiques à un tel dispositif, doutent de l’efficacité d’une telle mesure, «du moins pour l’instant, le nombre de pharmaciens qui vont adhérer à un tel dispositif ne sont pas très nombreux». A ce propos, il y a lieu de savoir que jusqu’à hier, aucune liste de pharmacies participantes n’a été révélée. Pis encore, on ne connaît même pas le nombre des officines qui ont accepté de jouer le jeu. Et cela au moment où les citoyens attendent impatiemment de pouvoir aller à la pharmacie du coin pour se faire vacciner, pour la simple raison que les centres de vaccination connaissent un afflux important au quotidien, ces dernières semaines, causé par la recrudescence des personnes contaminées. Dans ces conditions, il a été observé quelques scènes d’anarchie dans des centres de vaccination du pays.
Ce faisant, il importe de savoir, comme l’a indiqué le président du Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO) Messaoud Belambri, approché hier par Reporters, que sur les 1 000 pharmacies que compte le Grand -Alger, 120 ont obtenu, après une formation, l’attestation de certification leur permettant d’assurer des vaccinations au niveau de leur officine. Le président du Snapo a, par ailleurs, estimé que la tendance à adhérer au dispositif en question va aller «en s’élargissant dans une corporation qui compte 6 500 opérateurs», a-t-il enfin précisé.