Dans moins de 10 jours, la campagne électorale pour le référendum portant révision de la Constitution du 1er novembre prochain sera officiellement ouverte. L’annonce a été faite hier par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi. Une opération sur laquelle mise beaucoup les autorités pour essayer de susciter l’intérêt des citoyens pour rejoindre, le jour J, les bureaux de vote. Sera-t-elle réussie ? En tout cas, il semble que c’est loin d’être acquis. L’enthousiasme n’est pas pour l’heure au rendez-vous. Si on devait se fier aux réactions de la classe politique, le boycott, ou tout au moins le «Non», seront, selon eux, aux rendez-vous. Mais comment se fier à cette «source». La classe politique ne représente quasiment aucun poids. Elle continue dans la même démarche qu’avant, comme si le Hirak n’a jamais existé. Elle prouve surtout qu’elle n’a pas pu se muer en ce qu’elle aurait dû être depuis des lustres, une force de proposition. Les réactions pavloviennes restent toujours ancrées en ces partis sans assise et sans impact.
Le mouvement populaire, déclenché un certain 22 février 2019, a été une preuve que la quasi-majorité des partis politiques sont en vérité des coquilles vides, ne représentant que leurs responsables et le peu d’adhérents qui les suivent. Ni en amont, ni durant, ni après, ils n’ont pu suivre le formidable élan déclenché par le Hirak. La réalité du terrain a été un examen perdu pour cette classe politique, déclassée par les citoyens.
Cette campagne électorale est une occasion de débattre de tous les sujets inhérents au projet de révision de la Constitution et pour cela comment se fier à ces regroupements de personnes que représentent les partis politiques ! Qu’ils soient dans l’opposition ou qu’ils se présentent comme «suiveurs», la quasi-majorité des partis politiques ne peuvent pas être un baromètre. La rue algérienne est bien loin d’eux. D’ailleurs, la secrétaire générale du PT, Louisa Hanoune, avait bien affirmé, quelques semaines après le début du Hirak (mars 2019, sur une des chaines de télévision privée) que «tous les partis, au pouvoir et de l’opposition, ne représentent pas plus de 10% de la population». Une estimation qui était peut-être plausible avant le 22 février, mais depuis, elle a dû rétrécir comme une peau de chagrin.
En l’absence des instituts de sondage, et en attendant l’émergence d’une véritable classe politique représentative, le rejet du projet de révision, ou pas, sera déterminé par les urnes. Il n’est plus question de revenir à l’avant Hirak.