Par YAZID MILOUDI

L’un des objectifs principaux du Projet de loi de finances est la réduction de la facture d’importation qui dépasse les 35 milliards de dollars. Un chiffre qui reste encore énorme, surtout en ces temps de disette avec les crises multiformes que subit l’Algérie. Aller vers ce but n’est pas une simple opération de soustraction. Il y a plusieurs autres paramètres qui entrent en jeu. L’un d’eux reste celui des métiers de l’importation, liés depuis longtemps à la fraude, la contrefaçon et la surfacturation. Ici, également, il est question de chiffres. Ainsi, lors des opérations d’assainissement du commerce extérieur, réalisées sur la période allant de 2016 à 2018, il a été possible d’«éliminer» pas moins de 30 000 importateurs. De 45 000, ils sont actuellement 15 000. Parmi ces derniers, il a été découvert que pas moins de 6 000 étaient fictifs, et qu’il faudra donc éliminer pour arriver au chiffre de 9 000. Ces éliminations successives vont permettre, selon les ambitions du gouvernement, de réduire la facture d’importation.
L’opération est évidemment louable. Trop d’argent a été dilapidé durant de longues années et il fallait arrêter cette hémorragie qui n’avait que trop duré. L’impunité et l’anarchie dans le monde de l’importation étaient bien visibles du temps de Bouteflika et de sa bande, et l’Algérie en paye à ce jour le prix. Les nombreux procès des responsables de l’époque et des oligarques qui étaient liés à eux ont dévoilé à quel point la situation était catastrophique. La gabegie constatée à tous les niveaux a menacé l’existence même de l’Etat, et le mouvement populaire du 22 février 2019 est heureusement passé par là.
Maintenant, il reste à ne pas redémarrer la machine sous des bases fébriles. Les projets et les programmes n’ont jamais manqué. Chaque gouvernement apportait avec lui des initiatives en proclamant son efficience et au bout du compte, tout le monde a vu le résultat. Comme toujours, c’est les citoyens qui sont les premières victimes, et en première ligne la jeunesse. Redonner de l’espoir à cette dernière, c’est avant tout lui enlever cette tentative de harga qui est devenue quasiment une règle pour tous ceux qui n’arrivent pas à trouver une «place». La responsabilité du gouvernement actuel est énorme.