Visiblement prises de court par l’amorce du dialogue, les dynamiques de la société civile tentent de rattraper le temps perdu. Elles s’apprêtent, en effet, à tenir une rencontre de concertation avec des acteurs de l’Alternative démocratique et les forces du changement samedi prochain. Une rencontre qui s’annonce prometteuse, du moins théoriquement, vu la participation des partis politiques d’opposition, de la société civile et des personnalités impliquées pleinement dans le mouvement populaire en cours.
Mais la tâche semble être difficile ! Et pour cause, les forces en présence au sein des dynamiques ne sont pas toutes d’accord sur la voie à suivre pour sortir de la crise que traverse le pays. Ni sur les partenaires de leur action. En effet, certains acteurs ont refusé durant les rencontres préparatoires tenues récemment à ce que des noms soient présents aux réunions de concertations, apprend-on de sources informées. «Certes, il n’est pas aisé de ramener tous les acteurs politiques et de la société civile dans le même espace et se concerter autour de la même feuille de route. Mais les divergences dans les visions et politiques d’actions ne devraient pas nous amener à exclure l’autre pour le seul motif qu’on ne partage pas ses mêmes positions», déplore notre source. «Des parties d’obédience islamistes n’ont pas cautionné que des démocrates soient parmi nous et prennent part aux rencontres de concertations qui devraient nous amener vers une conférence nationale inclusive, et cautionnent en parallèle le retour sur la scène politique des acteurs dont le nom est souillé et impliqué directement dans la tragédie noire», ajoute la même source. «Des militants démocrates ont été exclus d’office par des islamistes qui ont adressé des invitations aux anciens du FIS, sans que l’on s’y oppose. Mais notre ouverture démocratique au débat a été heurté à l’exclusion et fermeture de l’autre qui accentue malheureusement les divergences et les risques du fiasco de l’événement», apprend-on de la même source.
L’exclusion de l’autre conduit certaines parties à «bouder la rencontre de samedi prochain même si elles se sont investies pour faire réussir ce rendez-vous», regrette la même source qui se dit «plus attachée à un travail et des rencontres inclusives».
«Les divergences politiques et idéologiques sont une richesse pour une société plurielle qui est la nôtre. Ces différences dans les visions devraient être exploitées pour sortir de la crise et non empirer la situation davantage», soutient notre source.
Dans le registre des contacts avec les formations politiques et, selon Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapest, membre de la Confédération des syndicats algériens (CSA), les Dynamiques sont entrées en contact avec plusieurs partis composant l’Alternative démocratique et les Forces du changement coordonnées par Abdelaziz Rahabi, ainsi que des personnalités familières et activistes du Hirak.
«Nous avons contacté tous les acteurs politiques et la société civile impliquée dans le Hirak, sans exclure une quelconque partie», fait savoir Boudiba. Il s’agit entre autres des principaux partis d’opposition, dont le FFS, le RCD, le PT et Jil Jadid ainsi que Talaie El-Hourriyat ainsi que des personnalités à l’image de Karim Tabbou, Samir Belarbi, Nacer Djabi, Ahmed Benbitour, Mouloud Hamrouche et Abdelaziz Rahabi», cite M. Boudiba.
«Nous avons eu leur accord préliminaire et non pas définitif pour prendre part à la rencontre de samedi.» Le but derrière ces rencontres de concertations est de fédérer les efforts notamment devant le foisonnement des initiatives de sortie et sortir avec une feuille de route unitaire, afin d’élaborer ensemble une solution politique pour sortir le pays de la crise.