A l’entrée du Centre hospitalo-universitaire de Beni-Messous, un fait est frappant, beaucoup de blouses blanches portent des masques : « C’est au cas où… », lance une résidante en prénumo-allergologie, ne souhaitant pas s’étaler sur le sujet et visiblement très pressée de rejoindre ses malades. Sa consœur du service des explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) portant également un masque s’explique : « Il s’agit d’une mesure préventive seulement car on ne sait pas la proportion que peut prendre ce Coronavirus. C’est tout ce qu’on peut faire à notre niveau. » Au service de pédiatrie, une résidante nous explique qu’« on craint ce virus, mais on n’a pas pris de mesures particulières ». « Nous évitons de nous serrer la main, de se faire la bise et nous portons des masques », a-t-elle fait observer. Mais ce sont aux urgences médicales que l’on rencontre le maximum de personnes munies de cette protection, mais pas seulement chez les médecins. Le personnel du paramédical a aussi pris cette précaution. Pressé, réponses laconiques, attitude très stéréotypée, le personnel des urgences n’a pas le temps de répondre aux questions compte tenu de la saturation du pavillon par les malades : « Ce n’est ni le lieu ni le moment de discuter ou de débattre de ce sujet avec nous, nous sommes submergés par les patients dont les pathologies peuvent engager leur pronostic vital », nous lance le médecin des urgences. Un des infirmiers nous a expliqué brièvement qu’« ici, nous recevons énormément de malades et à toutes les heures de la journée et de la nuit, il vaut mieux pour nous de faire le minimum possible en l’occurrence porter des masques et ne pas serrer les mains aux malades ». Au service d’hématologie, une maître-assistante interrogée par nos soins lance : « Il ne faut pas semer la panique parmi nos concitoyens. Le système de santé est certes insuffisant, mais il y a un système de veille qui est mis en place pour les épidémiologies pour nous alerter à chaque fois qu’on court un risque d’une maladie quelconque ». Selon elle, « le malade déclaré est vite isolé et il n’y a pas d’inquiétudes pour l’heure ». Mais elle ne manque pas de soutenir à ce propos qu’« il n’existe pas de risque zéro pour une infection, ce qui veut dire que même si coronavirus n’est pas encore présent parmi la population, cela n’empêche pas que l’on se prémunisse». Un résident en ophtalmologie de son côté soutient qu’« entre nous les médecins, on a décidé des mesures basiques d’hygiène à l’instar du lavage fréquent des mains avec des solutions hydro-alcooliques et ne pas se serrer les mains ». Aussi au service Matiben de pneumologie, des résidents nous recommandent de ne pas « exagérer les choses et amplifier les craintes ». « Il faut prendre les choses à leur juste mesure et ne pas du tout les amplifier pour ne pas créer une panique folle chez les citoyens ».  Au laboratoire d’analyses médicales du CHU un médecin nous explique que « même s’il y a des craintes, nous prenons des mesures de protection préventives comme se laver les mains, utiliser les solutions hydroalcooliques, ne pas rester au milieu d’une foule ». De son avis « il n’y a rien d’inquiétant pour le moment, mais il faut savoir que le personnel de santé  est le plus exposé aux maladies et aux épidémies, il faut prendre des mesures, non seulement pour faire en sorte que les personnels ne soient pas contaminés mais c’est aussi pour   éviter la propagation de l’épidémie et la prise en charge des malades au cas où des cas sont déclarés ».