Les images d’enfants qui jouent dans les rues sableuses, à proximité des égouts et fosses septiques souvent sans couvercles, ou baignant dans les flaques d’eaux usées, dans la plupart des rues et venelles de la ville, dépourvue de systèmes de canalisation, font honte. Avec les fortes chaleurs qui ont marqué le début de l’été, que feront et où iront nos enfants ? Des questions qui refont surface comme chaque année en cette période de vacances. Les enfants qui ont eu interdiction de sortir de leur maison pendant le confinement, imposé en raison de l’épidémie au coronavirus, depuis plus de trois mois, n’auront plus un endroit où aller pour se distraire une fois le confinement levé. C’est d’ailleurs ce qui agace les parents, impuissants devant des conditions métrologiques extrêmes et l’absence d’aires de jeux, d’espaces d’attraction et de détente.
A l’exception des petits stades de proximité, mis en place par la DJS, qui ne répondent souvent pas aux normes de sécurité, la ville de Ouargla, et malgré son budget et son immense superficie, ne dispose plus d’aucun espace familial de loisirs et de distraction.
Le seul gros projet, mis sur pied en juillet 2008, n’a tenu que quelques mois avant d’être entièrement abandonné et déserté par les exploitants, brisant le rêve, tant attendu de plus de 600 000 habitants. Malgré l’importante enveloppe budgétaire consacrée à la construction et l’installation de ce grand parc de loisirs, appelé «Wahaland», géré par l’Agence de régulation et de gestion urbaine de la wilaya d’Ouargla (AFWO), ce projet n’a jamais été mené à terme. Le parc a été donc fermé peu de temps après son ouverture. Cet espace qui constituait la seule source de loisirs et de distractions pour les citadins de tous âges est aujourd’hui totalement laissé à l’abandon par manque d’entretien et de mauvaise gestion de l’agence foncière. Les espaces gazonnés, les manèges et jeux d’enfants ont complètement disparu. Les kiosques, hôtels et restaurants, que devait contenir ce parc, selon l’étude technique et le cahier des charges, n’ont jamais été construits. Il aurait coûté aux contribuables une somme de plus de 44 milliards de centimes en aménagements et travaux.
Cet espace a été pendant une année, le seul refuge des familles ouarglies en quête de quiétude et de moments de fraîcheur notamment durant les vacances, les weekends, les jours fériés et les périodes de chaleur. Il comprenait, en plus des aires de jeux et le parc zoologique, un jardin botanique, qui aurait pu être un véritable poumon vert face à l’urbanisation galopante de la ville et absorber les eaux salées montantes, qui envahissent jusqu’à ce jour, une grande partie du site.
La wilaya est muette sur ce dossier, malgré les appels de la société civile et des associations locales. Le parc est depuis des années resté fermé et toutes les tentatives de le rouvrir sont vouées à l’échec après avoir été attribué à deux reprises à des investisseurs pour l’exploitation. Mais des obstacles imposés par des élus et des responsables locaux malintentionnés ont poussé ces derniers à abandonner l’idée et repartir.
Le seul investisseur qui a tenu et fait face aux obstacles en installant l’aquaparc a fini par quitter les lieux, et depuis, le parc est à l’abandon, saccagé, vandalisé et devenu un lieu de débauche et de refuge de la délinquance par excellence. <