Par Mustapha Bensadi
«Attentat à la probité» est le titre d’un ouvrage signé Allaoua Mouhoubi, paru, ce mois de janvier à peine passé, aux éditions Tafat. De l’aveu même de l’auteur, c’est un plongeon forcé, contre son gré, dans une tourmente inattendue, le lac noir d’une angoisse intense et lancinante qui aura incité l’auteur -enseignant universitaire et élu vingt années successives à l’APC de Béjaïa- à s’atteler à l’écriture de ce «ni roman» «ni mémoires». Plutôt une espèce de «déballage» au grand jour et sans ambages decce qu’il qualifie d’intrigues, de cabales et autres manigances qui constituent la trame et la chaîne d’un tissu -celui de l’activité bouillonnante d’une APC- loin d’être noble, du moins tel qu’il est décrit au détail près par l’auteur. L’ouvrage ouvre sur cette dédicace unique «A mon épouse, ma branche, et à ses deux rameaux». Suivie de cette citation de Muslah-Al Din Saadi (Le Parterre des roses, Iran, XIIIe siècle) : «Tous ceux à qui j’ai enseigné l’art invincible de bander l’arc et de lancer le trait m’ont finalement pris pour cible.» L’auteur, en somme, «lève le voile» sur «les tractations et autres manoeuvres dans les coulisses» d’une APC, celle de Béjaïa, qu’il a assidûment «fréquentée» en qualité d’élu et non moins responsable à un certain niveau et dans un domaine correspondant à sa formation.
A l’origine de ce livre-plaidoyer, un épanchement, un appel de détresse, il y eut une lettre anonyme adressée à l’Autorité concernée… La Justice saisie, le verdict est sévère, que l’auteur conteste et qualifie de «précipité», voire «d’erreur»… Sa probité, Allaoua Mouhoubi a tenu à la défendre bec et ongles et à la prouver à travers son ouvrage dont il escompte un écho de compréhension, de clémence (à caractère rectificatif) méritée de la part de Dame Justice, qu’il ne désespère pas de voir reprendre son dossier non sans un plus de discernement. Nous le lui souhaitons, tant cet enseignant de métier (Université de Béjaïa) est connu sur la place publique comme ayant un comportement exemplaire et qui n’a, à aucun moment, affiché un quelconque signe extérieur et ostentatoire de «soudaine» opulence. Ainsi, dans les méandres labyrinthiques de la sphère APC, selon, du moins, les «révélations» de l’auteur, on serait loin du fantastique, apparemment, comme tant espéré et toujours souhaité par les citoyens ordinaires de la commune que nous sommes. Les cabales décrites exacerbent, au contraire, les tensions multiples de tous ordres. Allaoua Mouhoubi, en tout état de cause, dit assumer (et s’assumer en toute sérénité), investissant sa totale confiance en la Justice de son pays.