Les Nations unies ont «condamné avec fermeté» l’attaque lancée lundi soir par des jihadistes liés à l’Etat islamique (EI) contre la ville de Dikwa, dans le nord-est du Nigeria, qui était «toujours en cours» mardi à la mi-journée. «L’attaque a commencé hier soir, et selon nos information elle est toujours en cours, je suis outragé d’entendre que les locaux de plusieurs agences humanitaires et un hôpital ont été incendiés ou ont subi des dommages», affirme Edward Kallon le coordinateur humanitaire de l’ONU au Nigeria dans un communiqué. Dans ce communiqué, l’ONU parle d’un «groupe armé non étatique» à l’origine de cette «violente attaque» durant laquelle «plusieurs installations humanitaires ont été directement ciblées». Lundi soir, des sources militaire et humanitaire avaient affirmé à l’AFP que l’attaque avait été perpétrée par des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Ces sources avaient également affirmé que 25 travailleurs humanitaires étaient bloqués à l’intérieur de ce site.
On ne connait pour l’heure pas la nationalité de ces employés. Le gouvernement nigérian et l’armée n’ont pas encore réagi. Selon M. Kallon, «cette violente attaque affectera le soutien apporté à près de 100.000 personnes qui ont désespérément besoin d’une aide humanitaire». Le nord-est du Nigeria est en proie à un conflit meurtrier depuis 2009 et le lancement d’attaques par les islamistes de Boko Haram. En 2016, le groupe s’est scindé, avec d’un côté la faction historique et de l’autre, l’Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), reconnu par l’Etat islamique. Il y a trois ans, le 1er mars 2018, des combattants de Iswap avaient attaqué une base de l’ONU dans la ville de Rann, dans le nord-est du Nigeria, tuant trois travailleurs humanitaires et kidnappant un autre. Depuis le début du conflit, plus de 36.000 personnes ont été tuées, et plus de deux millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer.